Top 14 – « On est mieux préparés sur tous les points » : Profondeur d’effectif, budget… Ce qui a changé en deux ans à Vannes

Nouvelles recrues, expérience du Top 14 accumulée et budget en constante progression : en Bretagne, le RCV continue de grandir à l’heure de retrouver l’élite pour une deuxième saison historique. Forts des leçons apprises lors du précédent exercice et d’un effectif densifié, les hommes de Jean-Noël Spitzer semblent mieux armés que jamais. De quoi nourrir une ambition nouvelle : ne plus seulement découvrir le Top 14, mais bien s’y installer.

Vannes connaît la musique. Pour avoir goûté, une première fois, à l’exigence du Top 14, le RCV sait désormais ce qui l’attend. Depuis la réforme de l’accession en 2018, rares sont les promus à avoir réussi à s’installer durablement dans l’élite. Seuls Bayonne et Perpignan ont, jusqu’ici, réussi à franchir ce cap. Après une première saison historique parmi les grands, en 2024-2025, les Bretons vont donc devoir capitaliser sur les enseignements de cette découverte pour espérer prolonger leur aventure.

Car le Top 14 ne pardonne rien. Et encore moins aujourd’hui. Le championnat est toujours plus intense, plus rythmé, plus exigeant physiquement. Le temps de jeu effectif continue de progresser et, avec lui, la sollicitation des organismes. Le retour à huit changements autorisés va également rebattre certaines cartes. Pour les avants, et notamment les deuxième et troisième ligne, la capacité à tenir quatre-vingts minutes pourrait devenir un facteur déterminant.

Une première expérience qui a servi de révélateur

La première saison du RCV dans l’élite n’a pas seulement permis aux Vannetais de découvrir le Top 14. Elle leur a surtout permis d’en mesurer les exigences. De toucher du doigt ce qui sépare encore un promu des formations installées. Et, surtout, d’identifier les secteurs dans lesquels il fallait progresser. Au premier rang desquels figurent ces fameuses vingt dernières minutes. À plusieurs reprises, les Bretons ont longtemps rivalisé avant de céder dans le dernier quart d’heure. Des rencontres qui ont laissé des traces, mais aussi nourri la réflexion du staff et des dirigeants. Un souvenir dont se rappelle parfaitement le troisième ligne Simon Augry, qui résume à lui seul l’exigence du Top 14 : « C’est ce qui m’a le plus marqué en Top 14 : quand un joueur sort, celui qui le remplace est du même niveau, voire meilleur. Je me souviens du match à Toulon. On était devant au score à la 50e minute et, là, Baptiste Serin est rentré à la mêlée. Il a accéléré comme il voulait en fin de match. Résultat, on en a pris 50. » 

Vannes a donc travaillé. Sur la gestion des fins de match, évidemment, mais aussi sur la profondeur de son effectif. Car pour survivre dans le Top 14, il ne suffit pas de disposer d’un quinze compétitif. Il faut pouvoir compter sur un banc capable de maintenir l’intensité lorsque les organismes commencent à payer la facture. Le recrutement a ainsi été pensé dans cette logique, avec l’arrivée de joueurs rompus aux joutes du plus haut niveau. Une évolution que résume parfaitement le demi d’ouverture Maxime Lafage : « Ce qui nous avait fait défaut il y a deux ans, c’était surtout les fins de match, avec une profondeur de banc qui ne nous permettait pas de rivaliser pendant 80 minutes. On avait perdu des matchs clés dans les dix dernières minutes. Je pense que c’est ce qui a été ciblé par le staff, notamment avec le recrutement, pour avoir un groupe suffisamment étoffé, capable de lutter pendant 80 minutes et, surtout, soit d’aller chercher un résultat, soit de conserver un score. » 

Un effectif construit pour se maintenir

Être champion de Pro D2 ne garantit pas, pour autant, de réussir à s’installer à l’échelon supérieur. Vannes, lui, semble avoir retenu la leçon. Les Bretons ont construit un effectif particulièrement compétitif, qui apparaît sur le papier, plus dense que celui aligné lors de l’exercice 2024-2025. Le RCV a notamment enregistré les retours au bercail de Pierre Popelin et Nathanaël Hulleu, tout en frappant fort sur le marché avec l’arrivée du pilier gauche international français Giorgi Beria et de l’international argentin Matías Alemanno, pour ne citer qu’eux.

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Pour le troisième ligne Simon Augry, le constat est sans appel : Vannes n’a sans doute jamais disposé d’un effectif aussi fourni. « Je pense que, même l’année dernière, nous avions une meilleure équipe que l’année où nous avons disputé le Top 14. Mais cette année, pour moi, on peut aligner deux XV titulaires presque identiques. Le club a très bien travaillé sur le recrutement, sur chaque ligne, on a une grosse concurrence. »  Avec l’arrivée de plusieurs joueurs puissants et dotés de belles qualités de vitesse, l’un des critères recherchés par Vannes durant l’intersaison, les hommes de Jean-Noël Spitzer ont renforcé leur effectif comme l’analyse le Toulousain Maxime Lafage « On est mieux préparés sur tous les points. Le club connaît les exigences du niveau du Top 14, et les joueurs qui étaient déjà là connaissent les exigences qu’il faut avoir. Le club s’est pas mal renforcé avec des joueurs d’expérience qui connaissent ce très haut niveau. Maintenant, il faut mettre tout ça en osmose pour être performants sur le terrain. »

Un budget en pleine croissance

Le rugby se joue sur un rectangle vert, mais l’argent n’est jamais bien loin. Et dans le Top 14 plus qu’ailleurs, il peut parfois peser lourd au moment de faire les comptes, entre maintien et relégation. Sur le plan financier, les Bretons ont donc changé de dimension. Il y a cinq ans, le RCV fonctionnait avec un budget de 13 millions d’euros. Deux ans plus tard, celui-ci avait déjà grimpé à 19 millions, avant d’atteindre un nouveau palier cette saison, entre 26 et 27 millions d’euros. Même trajectoire pour la masse salariale, passée de 6 à 9 millions d’euros en l’espace de deux ans.

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Un budget qui reste certes dans le bas de la hiérarchie du Top 14, mais dont la progression témoigne de la structuration continue du club. À Vannes, la croissance ne se mesure donc pas uniquement au nombre de joueurs recrutés ou aux résultats obtenus sur le terrain. C’est tout un club qui avance, patiemment, avec l’ambition de s’installer durablement dans l’élite, comme le rappelait Olivier Cloarec dans nos colonnes.

Après une saison à domicile sans la moindre défaite, un titre de champion de France de Pro D2 et un record historique de plus de 1 000 points inscrits sur une même saison dans l’antichambre, Vannes s’attaque désormais à un nouveau défi en 2026-2027. L’Odyssée vannetaise se poursuit donc, avec un nouveau cap à franchir et, cette fois, des eaux autrement plus agitées, mais dont le bonheur pourrait rester inchangé, porté par une Bretagne toujours aussi fidèle.

https://www.rugbyrama.fr/2026/08/17/top-14-on-est-mieux-prepares-sur-tous-les-points-profondeur-deffectif-budget-ce-qui-a-change-en-deux-ans-a-vannes-13503260.php

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