Lundi 10 août, un Biterrois de 43 ans est passé en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Narbonne pour violences avec une arme, menaces de mort et outrage sur un agent de la gare de Narbonne et trois policiers. Un habitué de la justice, qui compte quatorze condamnations à son casier judiciaire.
Un homme de 43 ans, résidant à Béziers, se retrouvait devant le tribunal judiciaire de Narbonne ce lundi 10 août en comparution immédiate. Il a souhaité être jugé le jour même pour des faits de violences avec une arme, de menaces de mort et d’outrage sur un agent de la gare de Narbonne et trois policiers.
Mercredi 5 août, sur les coups de 20 h 30, la police est appelée pour des faits de violences commis par un homme sur un agent de la SNCF à la gare de Narbonne. Il venait de passer la journée là-bas en partant de Béziers où il est domicilié, afin de passer du temps avec un ami. Après avoir bu une bière forte avec ce dernier, il retourne en fin de journée en gare de Narbonne, tout en achetant une bouteille de vin blanc à proximité. Il entre ensuite dans un train en partance pour Béziers, bouteille vide à la main, et échange avec plusieurs femmes à l’intérieur.
Un agent de la SNCF lui demande alors de sortir du train, sa bouteille étant trop apparente. Énervé de devoir quitter la voiture, le Biterrois se met à le frapper avec son tesson de bouteille, tout en le menaçant de mort : « Je vais te buter, je vais te tuer ! » La police arrive sur place et interpelle le prévenu, qui tombe peu avant de monter dans la voiture de police. « Fils de pute, ta mère va sucer, espèce de bâtard ! » [sic], déclare-t-il au sol. Au commissariat, il commet un acte de rébellion faisant chuter un policier, puis refuse de décliner son identité. Lors d’un contrôle d’alcoolémie à 3 h du matin, il est mesuré avec 0,82 g/l d’air expiré.
Déjà condamné pour viol en réunion et homicide involontaire
À la barre, le prévenu s’excuse pour les menaces, les insultes et la rébellion, dit qu’il reconnaît les faits, mais qu’il ne s’en rappelle pas. Des propos qui laissent perplexe Éric Lapeyre, président de l’audience. « Lorsque j’ai insulté la mère de quelqu’un, peut-être que c’est l’alcool qui m’a fait dire ça », déclare-t-il avec le recul. « Je suis malade, j’ai un problème avec l’alcool. Quand j’en consomme trois ou quatre fois dans l’année, à chaque fois je bois jusqu’au lendemain. »
Détenteur d’un master en journalisme à l’ESJ Paris suite à de nombreuses années dans le commentaire sportif, le prévenu a cumulé plusieurs petits boulots, mais est actuellement sans emploi. Son casier judiciaire fait état de 16 mentions et 14 condamnations depuis 2003 pour des motifs divers : recel, violences sur conjoint, vol, détention de stupéfiants, conduite sans permis… Parmi ses condamnations, deux ont été prononcées aux assises : 6 ans de prison pour viol en réunion en 2009 et 7 autres pour homicide involontaire sous l’emprise de stupéfiants en 2017.
C’est un homme qui a sombré
« Son comportement est déplaisant », pointe maître Hammoudi, avocate représentant l’agent SNCF blessé, qui a eu « peur pour [sa] vie », et qui « ne va pas bien » depuis. À son nom, elle constitue une demande de partie civile et demande une réparation du dommage moral à hauteur de 800 €. « Quand on voit qu’il était à 0,82 g/l d’air expiré à 3 h du matin, il faut le doubler pour en arriver au taux d’alcool par litre de sang », affirme Julien Dubois, représentant du ministère public. « Si on prend en compte sa bière et le litre de la bouteille qu’il a bu en amont de son arrestation, il devait être aux environs de 2,8 g/l de sang au moment des faits. Sa consommation est excessive, ça en devient une addiction. »
Le procureur requiert deux ans de prison ferme et une interdiction de port d’arme, tout en pointant qu’un sursis probatoire n’est pas nécessaire, une mesure de ce type étant déjà en place depuis mars pour une autre condamnation. « C’est un homme qui a sombré, pour l’avocate de la défense, mais qui a conscience de son problème avec l’alcool. Le problème, c’est qu’on ne se soigne pas en détention. » Elle demande au tribunal de trouver des alternatives de peine plus utiles et justes, un aménagement de sa peine sous bracelet électronique chez son père, ainsi qu’une obligation de soins et de travail.
À l’issue du délibéré, le tribunal le déclare coupable de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, et le punit de deux ans d’emprisonnement ferme, le maintenant en détention. Également, il est interdit de port d’arme pendant cinq ans, et devra régler les constitutions de partie civile. Il a dix jours pour faire appel.
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