En raison de l’incendie qui sévit depuis dimanche 5 juillet, dans les Hauts Cantons de l’Hérault, près de Carlencas-et-Levas, une cinquantaine de personnes ont dû être évacuées de leur domicile ou, parfois, de leur lieu de vacances. Auprès des pompiers et gendarmes qui se reposaient, quelques réfugiés étaient réunis dans une salle, à Bédarieux, ce mercredi 8 juillet.
Aux mains de leur papa, deux petites bouilles blondes entrent dans la salle de La Tuilerie de Bédarieux, en cette fin de journée. Malgré leur grande timidité, elles parviennent à donner deux jolis dessins à plusieurs pompiers à la gueule noire et aux traits tirés, traces du combat face aux flammes qu’ils ont livré ce mercredi 8 juillet. « On est venu de Lunas exprès pour leur donner, explique le papa. Les filles ont été intriguées par les fumées donc elles voulaient remercier les pompiers. »
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Alors que le mercure dépasse allègrement les 40°C dehors, la salle de spectacle mise à disposition par la Ville accueille pompiers, gendarmes et réfugiés des flammes depuis la reprise de l’incendie, dimanche, entre Bédarieux, Pézènes-les-Mines et Carlencas-et-Levas. Le tout encadré par une quarantaine de bénévoles, qui sont désormais obligés de refuser les dons de nourriture et boissons fraîches face à un immense élan de solidarité.
« Ici, à La Tuilerie, c’est un peu la base logistique, décrit le maire de Bédarieux, Francis Barsse. Des personnes ont été relogées dans un camping, le gymnase de la Ville ou au Campotel. Le lycée professionnel fait office de cantine et nous avons également mis à disposition la piscine. »
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Une cinquantaine de personnes évacuées
Au total, ils sont une cinquantaine à avoir dû quitter leur domicile ou leur lieu de villégiature pour les vacances, dans les hameaux de La Braunhe, La Frégère, Levas, Le Mas Bousquet mais aussi à l’Est de Bédarieux et au niveau de Carlencas.
Quelques-uns ont trouvé une aide bienveillante à la salle de spectacle, où des canapés, à manger et à boire, les ont attendus. Comme ce couple de Belges en vacances à Bédarieux, avec leur enfant de 10 ans. « Elle était inquiète au début, elle voulait rentrer, racontent-ils. Déjà, depuis dimanche, on n’était pas très rassuré de voir toute la fumée autour et parfois les flammes. Après avoir vu les Canadair, on a décidé d’aller dormir à Béziers. Puis on est venu nous chercher aujourd’hui dans l’après-midi. Mais ici, c’est très bien organisé. »
« On n’a pas trop dormi, on ne savait pas si notre maison allait être touchée »
Près d’une maman qui essaye d’endormir son jeune garçon, un couple de La Braunhe avoue d’emblée : « Heureusement que les Canadair écopaient au Salagou, à cinq minutes de vol. Sinon, je ne sais pas comment ça aurait fini ». Ces habitants d’un hameau de Pézènes-les-Mines ont dû tout quitter, dès dimanche soir. « Elle a pris toute sa garde-robe, moi juste deux caleçons, et les papiers », rigole ce routier. « On n’a pas trop dormi, on ne savait pas si notre maison allait être touchée, enchaîne sa femme. C’était le système D, via des groupes Whatsapp du coin, pour savoir, avec les vidéos, quels endroits étaient brûlés. »
« J’aimerais que ça s’arrête parce que c’était traumatisant et angoissant, poursuit-elle. Oui il y a des assurances, mais imaginez, vous n’avez plus votre maison, vos affaires etc, comment vous faites pendant des mois ? Tant mieux que les pompiers étaient là parce qu’on a rapidement vu que leur priorité, c’était de protéger les maisons… »
Près de 400 hectares parcourus par les flammes
Comme redouté, l’incendie a repris de plus belle, ce mercredi, en raison des fortes rafales de vent sur le secteur et de la chaleur. Grâce à la mobilisation de 350 sapeurs-pompiers et d’importants moyens aériens, qui ont effectué une centaine de largages, la progression du feu a pu être stabilisée, en début de soirée.
Près de 400 hectares ont été parcourus par les flammes. « Nos pompiers sont motivés mais très fatigués par cette chaleur accablante, a décrit le commandant des opérations de secours, le lieutenant-colonel Gilbert Arnal. Nous allons passer la nuit à noyer les lisières du feu encore actives car, ce jeudi, les conditions de température et de vent seront similaires. »
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