Après le violent incendie qui a ravagé plusieurs campings entre Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, 1 700 vacanciers ont été évacués en urgence. Entre angoisse et incertitude, les familles sinistrées, qui ont parfois tout perdu, témoignent de leur longue attente pour constater les dégâts.
Ils sont partis vite, parfois sans chaussures, sans vêtements de rechange, sans affaires pour les enfants. Après l’incendie qui a touché Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer jeudi 2 juillet 2026, près de Perpignan, des centaines de campeurs attendent encore des nouvelles de leur emplacement. Le feu est désormais fixé, mais 1 700 campeurs ont été évacués, dont 10 personnes à mobilité réduite, et 281 bungalows ont été détruits.
Léa faisait partie des vacanciers installés au camping Le Marina. Ce vendredi matin, elle a appris que son hébergement avait été détruit. « On a tout perdu, on n’a plus rien », confie-t-elle. Elle était dans un secteur les premiers touchés. Pour elle, le plus dur reste d’expliquer la situation aux enfants.
On nous a dit que c’était carbonisé.
Léa – sinistrée
La famille habite à trois heures de route. Elle pourra donc rentrer, mais dans l’urgence, tout a été laissé sur place. « Le bébé est en couche et les autres sont en maillot », explique Léa. Il faut maintenant trouver de quoi habiller tout le monde. D’autres campeurs ne savent pas encore ce qu’ils vont retrouver. Yohann et Jessica, venus du Nord, étaient en sortie à Collioure et Banyuls quand les premières alertes sont arrivées.
Au début, ils ont cru à un exercice, puis les messages se sont multipliés. « On a essayé de rentrer, forcément tout était bloqué », raconte Yohann. Leur bungalow se trouve au Brasilia. Ce vendredi matin, les informations restent floues. « On nous a dit que normalement, ça ne devrait peut-être ne pas avoir brûlé », explique-t-il. Le couple attend d’être éventuellement conduit sur place en bus pour voir ce qui peut être récupéré.
Les sinistrés des campings dans les Pyrénées-Orientales. • © FTV – Philippe Georget
Mariette et Guy, eux, cherchent simplement de quoi s’habiller. Ils ont été évacués rapidement et ont quitté leur emplacement avec ce qu’ils portaient sur eux. « Tout est dans la caravane », explique Guy. Le couple, originaire de la région de Lourdes, ne sait pas encore si la caravane et la voiture ont été touchées.
Les sinistrés attendent de savoir s’ils pourront retourner dans les campings. • © FTV – Philippe Georget
Ils ont été relogés dans un bungalow d’un autre camping, mais seulement pour quelques jours. En attendant, ils espèrent des nouvelles et une navette pour retourner voir l’état de leurs affaires. Pour Stéphane, l’espoir est déjà presque éteint. Il était installé au milieu du Brasilia. Selon les informations reçues, son emplacement fait partie des zones les plus touchées.
Zéro possibilité de récupérer quoi que ce soit.
Stéphane – sinistré
Toutes les affaires de vacances sont restées dans le bungalow. Il essaye malgré tout de relativiser. « Ce n’est pas grave, ce sont des affaires de vacances, ce n’est pas ma résidence principale », explique-t-il. La famille devait encore rester plus d’une semaine, et va devoir s’organiser autrement.
La préfecture a expliqué qu’environ 200 personnes ont été hébergées dans la nuit sur des sites de repli à Sainte-Marie-la-Mer, Canet-en-Roussillon, Le Barcarès et Torreilles. « Au plus fort de la crise, jusqu’à 800 personnes y ont été prises en charge. Un dispositif d’accompagnement est désormais centralisé sur le site des Voiles Rouges, à Canet-en-Roussillon. Des navettes acheminent les personnes hébergées vers ce point d’accueil unique », ont-ils ajouté.
Sur place, les campeurs peuvent trouver des soins, des intervenants de la cellule d’urgence médico-psychologique, des associations de sécurité civile, des numéros utiles et des informations sur l’état de leur bungalow. Les deux options proposées aux vacanciers évacués sont de retourner dans leur camping via une navette dédiée, ou trouver une solution de relogement autonome.
