La toute première marche des fiertés est organisée à la campagne ce samedi 27 juin, à Graissessac, proche de Bédarieux. « Les commentaires haineux sur les réseaux sociaux confirment que nous avons eu raison d’organiser cet événement à la campagne » dit l’association Fiertés Grand Orb.
Les habitants de Graissessac (Hérault) rencontrés sont peu nombreux à vouloir s’exprimer sur cette gay pride organisée ce samedi 27 juin dans leur village. La première, car les organisateurs envisagent une deuxième édition. « C’est nécessaire. Il y a un besoin de libérer la parole à la campagne » confie à la radio ICI Hérault Christopher Hecquet, de l’association Fiertés Grand Orb.
Cette marche des fiertés à la campagne est une grande première dans l’Hérault. Le rassemblement ne fait pas polémique dans cette commune de 350 habitants, au nord de Bédarieux, mais cet événement interroge, intrigue. « Nous avons dû expliquer les raisons de cette manifestation, faire de la pédagogie. Certains s’imaginaient voir défiler des gens en string dans le village. Ce n’est pas notre volonté ».
Cette marche qui débute à 16h00 est née d’un apéro entre amis il y a 10 mois. Le sujet de discussion était l’homosexualité à la campagne. Un sujet parfois sensible, tabou. Les organisateurs veulent casser les préjugés.
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Les habitants rencontrés ont déjà entendu parlé de la gay pride à Montpellier ou dans les grandes villes.
« Moi je viens de la ville. Je n’ai jamais eu de problème par rapport à mon homosexualité et je n’ai jamais été confronté aux problématiques de la campagne, aux regards des autres. Mais quand je suis arrivé ici avec mon compagnon, il y a quatre ans, nous ne nous sommes pas cachés et nous avons été bien accueillis ».
« Cependant nous avons rencontré des gens pour qui le parcours avait été plus compliqué. A la campagne, les mentalités ne sont pas les mêmes qu’en ville et l’homophobie est plus ancrée dans les mœurs. Dans les zones rurales, il n’y a pas de structure représentative, notamment les associations comme le Refuge, Aides ou encore SOS homophobie. Les jeunes qui se construisent et font leur cheminement d’acceptation n’ont personne vers qui se tourner ».
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« Le plus difficile a été de gérer les commentaires sur les réseaux sociaux. Cette manifestation a encore davantage de sens. Les auteurs ne sont pourtant pas du village »
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En France, les actes homophobes restent à un niveau élevé et poursuivent une tendance à la hausse. En 2025, 4.900 infractions anti-LGBT ont été enregistrées par les forces de l’ordre soit une augmentation de 2% sur un an. Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité d’après le ministère de l’Intérieur. Le dépôt de plainte reste faible, autour de 3%.
Un service de sécurité a été mis en place par les organisateurs. La gendarmerie sera aussi présente.
Cette première gay pride, qui a recu le soutien du sénateur Hussein Bourgis, de la communauté de communes Grand Orb et de la mairie de Graissessac débute à midi avec l’ouverture du village associatif installé sur le plateau Sainte-Barbe. Une dizaine d’associations comme Aide, Sos homophobie, le planning familial, seront présentes.
« C’est important de soutenir toutes les associations et celle-là en particulier car il faut ouvrir les esprits » dixit la maire Sophie Gachet. « Expliquer qu’en milieu rural on ne vit pas comme en ville mais que tout est abordable. Evidemment, il fallut expliquer, faire de la pédagogie. Et sincèrement, après toutes ces explications les habitants sont davantage ouverts et demandeurs car ils sont pressés de voir comment va se passer cette marche ».
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Un apéro pride est organisé après la marche des fiertés vers 18h00, suivi d’un spectacle transformiste et d’une soirée en présence d’un DJ.
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