Écarté du dernier Tournoi des 6 Nations malgré son statut d’ancien capitaine, Grégory Alldritt revient en force avec La Rochelle. Au point de redevenir une évidence pour le XV de France de Fabien Galthié ?
Il y a encore quelques mois, imaginer un XV de France sans Grégory Alldritt relevait de la science-fiction. Pendant des années, le troisième-ligne de Stade Rochelais (29 ans, 58 sélections) fut ainsi l’un des hommes de base du système de Fabien Galthié. Un titulaire automatique. Un cadre de vestiaire. Un relais du coach. Lorsque Antoine Dupont s’était blessé au genou, c’est même lui qui avait récupéré le brassard de capitaine durant le Tournoi 2025 puis la tournée d’automne suivante. À l’époque, personne n’imaginait vraiment les Bleus sans lui. Et puis Grégory Alldritt a disparu. Lorsque Fabien Galthié dévoila sa liste pour le Tournoi des 6 Nations 2026, remporté quelques semaines plus tard par une équipe de France héroïque, le nom du Rochelais manquait à l’appel.
En son absence, d’autres ont assuré. Anthony Jelonch a retrouvé sa puissance, Charles Ollivon son activité et son sens du déplacement. Le XV de France n’a pas sombré. Il a même gagné, quatre fois sur cinq. De quoi nourrir forcément les interrogations autour d’Alldritt. Que lui reprochait donc le staff tricolore ? Sans doute une baisse de régime perceptible depuis plusieurs mois. Moins d’impact, moins d’explosivité, moins de franchissements. Et puis le rugby international évolue vite. Les arbitres récompensent aujourd’hui beaucoup moins les gratteurs dans les zones de ruck, ce qui réduit mécaniquement l’influence de certains troisième-lignes. Dans ce contexte, le caractère indispensable d’Alldritt pouvait commencer à se discuter.
Galthié : « Toujours partie du spectre »
Sauf qu’un très grand joueur ne disparaît jamais vraiment. Depuis plusieurs semaines, le Rochelais revient fort. Très fort même. À Nanterre, lors du succès de Stade Rochelais contre le Racing 92 (24-26), il a livré un match total : treize passes, trois offloads, deux défenseurs battus, trente-cinq mètres parcourus et cette impression permanente d’avancer sur chaque collision. Dimanche soir, face à un Stade Toulousain balayé 38-10, il a remis ça. Même énergie. Même activité. Même férocité dans les courses et les nettoyages. Pendant plusieurs mois, cette caisse semblait émoussée. Elle est revenue. Dès lors, comment imaginer qu’il ne revienne pas en équipe de France ? Dès cet été, même, pour la prmeière édition du Championnat des Nations ? Au vrai, Fabien Galthié n’a jamais totalement fermé la porte au Gersois. Au moment de dévoiler les cinq groupes France utilisés pendant le Tournoi, le sélectionneur avait pris soin de préciser que Damian Penaud, Gaël Fickou et Grégory Alldritt, les trois grands sacrifiés de l’hiver, « faisaient toujours partie du spectre ». Une phrase loin d’être anodine. Autant l’avenir international de Fickou interroge face à une concurrence devenue féroce au centre, autant le cas Penaud demeure complexe tant Théo Attissogbe et Gaël Dréan offrent aujourd’hui davantage de garanties défensives et sous les ballons hauts, autant Alldritt semble en revanche destiné à revenir. D’abord parce que la concurrence au poste de numéro 8 apparaît moins dense. Ensuite parce que le XV de France aura toujours besoin d’un des plus gros porteurs du Top 14.Enfin parce qu’on le veuille ou non, Grégory Alldritt demeure l’un des meilleurs numéros 8 de la planète.
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