Ce 19 mai 2026, cela fait seize jours que les salariés d’une entreprise de nettoyage usent de leur droit de retrait à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Ils dénoncent des méthodes de management très agressives, mettant en danger leur santé.
Depuis le 3 mai 2026, la plupart des 25 salariés d’Onet chargés du nettoyage dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac ont dit « stop ». Plus question de travailler avec deux de leurs responsables qui, disent-ils, ont des comportements humiliants et agressifs à leur égard. Les salariés ont fait jouer leur droit de retrait et demandent la suspension du chef d’équipe et d’un agent de maitrise incriminés en attendant les résultats d’une enquête confiée à un cabinet externe.
Sur les 25 personnes qui assurent le nettoyage dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac, une vingtaine d’entre elles a cessé le travail dénonçant un management toxique de la part de deux responsables. « Ils sont très agressifs, ça a entrainé des arrêts maladie, nous indique Henri Célié, président de Sud Solidaires Transports et Nettoyage en Midi-Pyrénées. Les salariés ont très mal vécu des agressions verbales, des comportements humilants et agressifs.«
La situation dure depuis des mois. Les délégués syndicaux ont usé de leur droit d’alerte, les salariés ont fait une pétition, alors faute de discussion avec la direction d’Onet, la majorité des salariés a donc choisi de se retirer. « La direction conteste complètement qu’il y a un danger grave, conteste le droit de retrait, les considère en absence ou en grève« , poursuit Henri Célié de Sud Solidaires. En quinze jours, la seule avancée obtenue, c’est l’annonce d’une enquête confiée à un cabinet d’experts.
« Ce qu’on espère, c’est que ce cabinet fasse son boulot. Ils avaient annoncé qu’ils allaient rencontrer tous les salariés à partir de ce lundi 18 mai, mais ils n’ont vu personne, nous indique le président de Sud Solidaires Transports et Nettoyage en Midi-Pyrénées. Et on a également demandé à ce que l’inspection du travail puisse aussi servir de médiateur. » Mais surtout, le représentant syndical précise que les salariés demandent la suspension des deux responsables mis en cause, le temps que l’enquête se fasse.
Cette enquête est en fait la deuxième mise en place par la direction du groupe Onet qui affirme avoir pris en compte « immédiatement » la situation à l’aéroport de Toulouse et les revendications des salariés. « Concernant les pratiques d’encadrement, la direction du site a lancé immédiatement une enquête interne dont les premiers éléments n’ont pas permis de conclure à la nécessité d’une modification de l’organisation. Un second volet d’enquête est actuellement confié à une personne externe à l’établissement, avec l’accord des représentants du personnel« , communique l’entreprise spécialisée dans le nettoyage.
« Onet condamne fermement toute forme de harcèlement » et le groupe assure maintenir le dialogue avec ces salariés qui interviennent à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. « Les équipes de direction ont rencontré les représentants mercredi dernier et une nouvelle réunion est prévue ce mardi 19 mai 2026. »
