Affaires Bruel : « Même prescrit, il faut porter plainte » : classée sans suite en 2022, une enquête pour agression sexuelle rouverte

Une enquête est rouverte à l’encontre de Patrick Bruel par le parquet de Nanterre, après le classement sans suite d’une plainte en 2022. C’est ce qu’a annoncé ce lundi 18 mai Me Myriam Guedj-Benayoun, avocate d’Ophélie Fajfer qui aurait subi comme une trentaine d’autres femmes des violences sexuelles.

La Quotidienne Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter « La Quotidienne Société ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

L’avocate toulousaine d’Ophélie Fajfer – plaignante contre Patrick Bruel, accusé de violences sexuelles par une trentaine de femmes -, Me Myriam Guedj Benayoun, a annoncé ce lundi 18 mai sur BFMTV la réouverture d’une enquête visant le chanteur, après le classement sans suite d’une plainte en 2022. Patrick Bruel reste présumé innocent.

France 3 : La justice a décidé de revenir sur les faits d’agression sexuelle de votre cliente, de quels faits s’agit-il ?

Me Guedj Benayoun : Ophélie Fajfer a porté plainte en 2022 pour des faits d' »agression sexuelle » datant de 2015. Le parquet de Nanterre a décidé de rouvrir l’enquête après les récents témoignages et plaintes déposées contre Patrick Bruel. En janvier 2015, alors âgée de 19 ans, ma cliente s’est fait engager comme figurante sur le clip des Enfoirés tourné à Montpellier. Suite à ce tournage, elle va écrire à plusieurs artistes et Patrick Bruel va réagir.

Elle échange avec lui via messenger entre mars et août 2015 de façon professionnel puisqu’elle souhaitait devenir compositrice. Ils se retrouvent dans un restaurant dans le sud de la France, Ophélie étant en vacances chez ses grands-parents au même moment.

Le lendemain Patrick Bruel va lui proposer de venir chez lui, il lui propose de faire le tour de sa propriété. Il affirme qu’il y a ses enfants (…). Ils finissent par s’arrêter devant la piscine et c’est là qu’elle va dire que l’homme change. Il tente de l’embrasser, elle le repousse. Dans la piscine, il lui fait subir des agressions sexuelles et elle entre dans un état de sidération.

PLUS INFO  Drame de la route : un mort et un blessé dans un grave accident, la route coupée après le carambolage de plusieurs véhicules

C’est une jeune fille de 19 ans, complètement naïve et extrêmement religieuse qui n’a jamais eu d’expérience ni sexuelle, ni amoureuse. Elle est à mille lieu de s’imaginer qu’un homme puisse être violent avec elle. Elle sent que quelque chose ne va pas mais n’a pas peur pour autant.

France 3 : Comment réagit votre cliente dont la plainte de 2022 avait été classée sans suite ?

Me Guedj Benayoun : La justice a décidé de rouvrir l’enquête pour le parquet de Nanterre, le procureur à la République, ce qui signifie qu’elle s’est auto-saisie et que ce n’est pas ma cliente qui a fait un passage en force en déposant une plainte avec constitution de partie civile c’est-à-dire saisir directement le juge d’instruction. C’est une possibilité qu’offre le code pénal. Et du coup, les mots de ma cliente c’est : « C’est un soulagement ! ».

Ça veut dire que la justice a revu sa position dans son dossier. Elle estime que d’autres actes peuvent être faits pour la manifestation de la vérité. Ça ne veut pas dire qu’aujourd’hui, M. Bruel est condamné, loin de là.

Ça veut juste dire qu’il y a d’autres actes possibles pour la manifestation de la vérité et que les propos de ma cliente ont été considérés comme probants. Je pense aussi que la sérialité des plaignantes, des victimes, et des personnes qui parlent font que cela donne une autre couleur à l’enquête.

Me Myriam Guedj Benayoun sur le plateau de BFM TV, lundi 18 mai 2026. © Capture d’écran BFM FTV

France 3 : C’est donc important que les victimes portent plainte, même si elles ne sont pas sûres d’être entendues ?

PLUS INFO  Mouvement Art Populaire fête ses 60 ans

Me Guedj Benayoun : C’est très important que les victimes déposent plainte parce qu’on voit que ça peut avoir un impact sur l’enquête elle-même. Même si c’est prescrit, il faut qu’elles portent plainte. Ça donne des éléments au parquet. On est censé, en tant qu’avocats, travailler aux côtés du parquet, non ?

Il faut aussi comprendre que la prescription n’est pas forcément acquise quand on compte en nombre d’années par rapport à ce que dit le code pénal. Il y a énormément d’éléments qui peuvent entrer en ligne de compte : si elles étaient mineures, la prescription glissante. Il y a la connexité entre les affaires. Il y a des affaires, comme pour le violeur de la Sambre, comme pour PPDA, comme pour Fourniret, où on pensait que des victimes étaient prescrites. Elles ne l’ont pas été grâce à cette connexité qui est permise par le code de procédure pénale. Ce n’est pas simple. Tout dépend si c’était prescrit au moment des nouveaux faits ou pas.

C’est un peu comme la prescription glissante. Si la prescription est acquise et qu’il n’y a eu aucun nouveau fait entre-temps, on ne peut pas relever une prescription. Si elle n’est pas acquise, elle sera prorogée par les nouveaux faits si, bien entendu, la justice décide de prendre en compte cette connexité.

Tout ça, c’est le travail de la justice, bien entendu aidée par les conseils des victimes et plaidée par les conseils de la défense. On est dans un état de droit.

France 3 : Est-ce que la justice peut être réparatrice pour les victimes ? On a l’impression que leur parole est davantage prise en compte aujourd’hui…

Me Guedj Benayoun : La justice est réparatrice. Moi, je suis une avocate engagée auprès de victimes de violences, qu’elles soient adultes, enfants, hommes, femmes, peu importe… et je peux vous dire que 100% des victimes que je représente et qui ont eu la chance de voir l’auteur des faits condamné, c’est une partie de la réparation.

PLUS INFO  À Sète, les urgences réservées aux vraies urgences ce week-end du 15 août

Ce n’est pas la réparation en elle-même mais, par contre, ça fait partie, c’est un élément important de la réparation. On parle d’auteur condamné, c’est tout le problème. Bien entendu, pendant le parcours judiciaire, c’était loin d’être facile. Même si le fait d’aller déposer plainte, c’est quelque part se soulager d’un fardeau, après, il y a tout le parcours judiciaire, on le sait, il est compliqué. 

Les personnes ne savent pas ce qui va se passer. Elles sont loin d’imaginer qu’on va remettre en doute leurs paroles, qu’elles vont affronter des expertises psychologiques difficiles, que ça va durer des années. Donc tout ça est très violent pour les victimes. Mais ça fait partie du processus.

France 3 : Est-ce que la justice a évolué ? Si oui, en quoi ?

Me Guedj Benayoun : Les connaissances sur le psychotraumatisme ont fait évoluer les choses, les connaissances sur pourquoi une victime met du temps à porter plainte. C’est-à-dire que les questions qu’on avait il y a quelques années « Mais pourquoi vous avez attendu autant d’années ? », on les a beaucoup moins du côté de la justice.

Elles existent toujours du côté de la population. On le voit dans les commentaires qu’on trouve aujourd’hui sur les réseaux sociaux par rapport à l’affaire Bruel. Il y a encore des personnes qui en parlent. Aujourd’hui, du côté de la justice et des professionnels formés, on l’entend beaucoup moins, même si ça reste encore présent.

Comment on entend, comment on connaît le phénomène de sidération de psychotraumatisme, de flash-back, d’amnésie traumatique… Tout ça, ce sont des éléments qui n’étaient pas connus avant et qui, aujourd’hui, sont enseignés. Les professionnels qui veulent se former sur le psychotraumatisme peuvent le faire.  

Source

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Les conséquences des incendies en Gironde et en Espagne : les fumées arrivées dans l’Hérault sont-elles dangereuses pour la santé ?

Depuis la fin d’après-midi, ce samedi 25 juillet, les fumées et odeurs de plusieurs incendies ont fait leur apparition dans une grande partie de l’Hérault. Quels sont les risques pour la population du département ?

« Une liquidation, ce serait un coup dur » : les salariés de Fibre Excellence retiennent leur souffle à la veille de la décision du tribunal...

À quelques heures de la décision du tribunal de commerce, les salariés de Fibre Excellence veulent encore y croire. Ce dimanche 26 juillet 2026, ils ont renforcé leur mobilisation aux portes de leur usine de Saint-Gaudens. De son côté, la CGT a publié une vidéo pleine de sarcasme à destination d'Emmanuel Macron.

Fabrègues : Un incendie provoqué par un feu de voiture évite de justesse la pinède

Un incendie provoqué par un véhicule en feu sur la route départementale entre Fabrègues et Mireval a brûlé 6.000 m2 de terrain, évitant de justesse la pinède grâce à l'intervention des pompiers.

Business developer consulting F/H – Nimes

Florian Mantione Institut RH recrute Business developer consulting F/H - Nimes - WORKSAFE Consulting est une filiale de Worksafe France, cabinet de conseil et de formation, spécialisé dans les domaines de la santé et de la sécurité au travail (SST) et expert en prévention des risques professionnels (accidents du travail, maladies professionnelles). Worksafe a été fondé en 2014 par une spécialiste de l'Hygiène Industrielle, Elsa ARANDA, qui a parfaitement compris l'importance qu'allait prendre la Santé Sécurité au Travail et qui avec le recul de sa propre expérience, a su d'emblée positionner son expertise et ses méthodes pour accompagner/conseiller/former ses clients sur ces sujets. WORKSAFE travaille depuis le début, essentiellement pour les grandes entreprises (entre autres du BTP, de l'industrie ou de la logistique), et oeuvre à leurs côtés à l'application de leurs stratégies de prévention. Avec son équipe Consulting, le cabinet met à disposition de ses clients, des experts qualifiés pour répondre à leurs enjeux spécifiques, liés à la prévention des risques et à la santé-sécurité au travail (exemples : effectuer une mission de préventeur sur site, superviser un chantier, faire du management HSE de transition, mettre en oeuvre un Système de Management HSE, accompagner sur la certification ISO 45001 / MASE...) Ses experts aident les entreprises à atteindre leurs objectifs de conformité avec les normes et obligations légales, les faisant profiter des meilleures pratiques du secteur. Pour mieux découvrir le cabinet : https://www.worksafe-france.com/consulting-hse-w1.html Aujourd'hui, pour rester dans une dynamique de développement et conquérir de nouveaux clients (au niveau national), WORKSAFE CONSULTING recrute pour son siège à Nîmes (30) un BUSINESS DEVELOPER CONSULTING (F/H).