Taulier, capitaine et joueur de devoir, le deuxième ligne de l’US Carcassonne souhaite que son retour dans l’équipe, après un petit pépin, coïncide avec un succès dans le derby face à Béziers, ce vendredi soir à Domec (19 h 30).
L’énorme engouement du public tant Carcassonnais que Biterrois ne vous met-il pas une pression supplémentaire dans ce derby ?
De la pression, il va bien évidemment en avoir autour de ce match. C’est le dernier contre l’avant-dernier qui s’affrontent, et c’est un derby, donc bien sûr qu’il va y avoir beaucoup de pression. Après, comme je dis souvent, cette pression, il faut savoir l’absorber et s’en servir positivement. Justement pour être propre sur le terrain, pour avoir ce supplément d’âme qui va chaque fois nous faire avancer sur le terrain. Mais juste ça, ça ne suffira pas. Dans ces matches-là, il faut y mettre autre chose. Il faut faire un match plein sur 80 minutes et surtout le leitmotiv, c’est de ne pas dérailler, c’est de rester constant de la première à la 80e minute, et c’est ça que nous allons chercher.
Justement, quand il y a autant de pression, comment fait-on pour la transformer en énergie et garder le cap ?
Il faut essayer de faire un peu aussi abstraction de tout ce qui va se passer autour. De rester focus sur le boulot que l’on a à faire. Notre boulot, c’est d’être sur le terrain et de remporter ce match-là pour encore croire à notre objectif maintien. Donc, on va essayer de tout mettre en œuvre pour le remplir.
« Il faut jouer notre rugby, quand on joue, on est dangereux »
Depuis l’ère du professionnalisme, et l’arrivée de nombreux joueurs étrangers, la notion de derby existe-t-elle toujours chez les joueurs ?
Contre Béziers, c’est toujours un match particulier. On voit d’ailleurs l’engouement qu’il y a autour de ce match, des supporters. Je pense que le stade ne sera pas loin d’être plein, si ce n’est plein… Donc oui, ça compte pour tout le monde. Et pour nous aussi. Face à Béziers, c’est un match où il se passe toujours quelque chose. Et ce sont de super matches à jouer. C’est une belle fête et ce sont des rendez-vous qu’il ne faut pas manquer.
Que retenez-vous du match aller remporté par l’ASBH avec bonus offensif (31-19) ?
Que les Biterrois nous ont fait très mal sur des contres. On avait bien attaqué le match, puis on prend un essai sur un contre. Ils sont très bons sur les ballons de turnovers. Ils ont un « jeune » numéro 9 (rires, Samuel Marques, 37 ans) que l’on connaît et qui dynamise beaucoup, donc à surveiller… Après, on sait que contre Béziers, ce qui est primordial, c’est déjà le combat. Et si contre cette équipe, tu ne réponds pas au combat, au sol et surtout sur la conquête, tu ne peux pas exister. Donc il va falloir répondre présent, et, mettre notre jeu en place et comme j’ai dit aux mecs tout à l’heure, il ne faut rien regretter. Il y a déjà trop de matches où on a eu des regrets à la fin. Il faut jouer notre rugby parce que quand on joue, on est dangereux. Il ne faut pas être bridé, ne pas être timoré, leur poser des problèmes et on verra ce qu’il adviendra à la fin du match. Mais je pense que si on met tous ces ingrédients, on ne sera pas loin.
Comment expliquez-vous que l’USC a deux visages cette saison : accrocheuse à domicile, beaucoup moins tranchante à l’extérieur ?
Ce qui est paradoxal c’est que lorsqu’on reprend un peu les matches le dimanche, on voit tous les cadeaux que l’on fait aux autres équipes. On ne peut pas gagner des matches de ce niveau-là en donnant autant de points. À Colomiers on a donné trois, quatre essais à zéro passe. Pour eux, c’était trop facile. Nous, on fait beaucoup d’efforts, on cravache beaucoup, mais on ne se paie pas à chaque fois. C’est ça notre problème récurrent. Et ç’a été constant sur tout le long de la saison. Et ç’a été pareil sur plusieurs matches à domicile que l’on peut tuer, mais qui se retournent finalement contre nous sur de petites erreurs individuelles. C’est ce qu’il faut que l’on travaille. Et même si l’état d’esprit a toujours été là cette saison, c’est plus sur le déchet technique et plus sur les détails que l’on pêche. Dans cette Pro D2, il y a cinq ans tu pouvais jouer à l’énergie, maintenant, ça ne suffit plus.
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