Ce vendredi 6 mars 2026, les opposants à l’A69 se sont mobilisés pour dénoncer des travaux de la société Atosca sur des zones non autorisées aux abords de la future autoroute.
Ils se sont donné rendez-vous à 8h45 sur la commune de Teulat (Tarn) pour demander des explications. Ils sont une dizaine, opposants à la construction de l’autoroute A69 à dénoncer des exploitations illégales de terrain par la société ATOSCA.
Les opposants à l’A69 occupent le terrain et bloquent le travail d’une pelleteuse sur les lieux. Un peu plus loin, les six camions sont à l’arrêt, pour le moment. “Nous sommes là pour arrêter les travaux sur une emprise illégale”, explique un des manifestants. “Cela fait déjà plusieurs semaines que nous avons repéré que les travaux avaient débordé très largement, plus de 90 hectares, sur l’emprise normalement dévolue à l’autoroute.” Autour de lui, le terrain n’a plus rien d’une terre agricole. “Nous avons constaté depuis au moins 10 jours qu’il y a une pelle, des camions, qui enlèvent le tas de terre qui y a été déposé de façon illégale depuis le début”, précise Gilles, un habitant de la commune. “Teulat est un exemple, mais il y en a des multiples sur le tracé.”
Ces terrains ne font pas partie des zones identifiées par l’autorisation environnementale. Elles sont à côté du chantier, mais utilisées par les camions de l’entreprise notamment. De grandes quantités de terres y sont exploitées. “Ils utilisent ces terres de manière illégale et nous sommes venus le leur rappeler”, insiste Thomas Brail, l’une des figures de l’opposition à ce projet d’autoroute. “Ils jouent sur les mots en disant qu’ils ont le droit d’éjecter des déchets inertes mais la terre n’est pas un déchet inerte et ils n’ont pas le droit d’être ici.”
Le collectif d’opposants à l’A69, La Voix Est Libre fait valoir l’arrêté préfectoral du 18 décembre 2025 pour justifier leur action. “Le préfet a défini des mesures conservatoires interdisant tous travaux sur ces emprises non prévues dans le Dossier d’Autorisation Environnementale (DAE) jusqu’à la régularisation administrative”, argue-t-il dans un communiqué.
De son côté, ATOSCA assure qu’il n’effectue qu’une évacuation de terre (celle qui avait été déposée illégalement) et que cette évacuation est autorisée par arrêté préfectoral. Une version confirmée par le préfet. Il a assuré aux opposants que cette opération est réalisée en toute légalité dans le cadre d’une remise en état du site.
Le 12 janvier dernier, la justice actait pourtant : “Le concessionnaire a également interdiction de poursuivre tous travaux sur certaines zones impactées illégalement, ou d’utiliser les matériaux de terrassement qui y sont stockés”. Elle demandait au concessionnaire de libérer tous les sites illégalement occupés. 46 au total.
L’occupation du terrain a entraîné l’arrêt (provisoire) des travaux. La pelleteuse a été retirée du terrain par Atosca. Une « petite victoire » pour les manifestants.
