40 pharmaciens sont convoqués ce 1er décembre 2025 par le tribunal correctionnel de Nîmes, dans le Gard, pour avoir accepté des cadeaux illégaux de la part du groupe Urgo. Un système mis en place par cette entreprise pendant plusieurs années. 8 000 pharmacies sont concernées en France, soit 40 % de la profession.
Bijoux, champagne, voyages, électroménager : Urgo, le numéro 1 du pansement et de la compresse, a arrosé de cadeaux, de nombreux pharmaciens du Gard, entre 2015 et 2021.
Pour avoir accepté ce genre de « présents » illégaux, 40 d’entre eux sont jugés ce lundi 1er décembre 2025, à Nîmes. Ils ont été convoqués par le tribunal correctionnel pour une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, (CRPC), dite « de plaider coupable », ce qui veut dire que leur culpabilité est reconnue et que le parquet leur propose une peine en amont d’un procès.
L’audience n’est pas ouverte au public. En cas de refus, un procès doit avoir lieu.
Nîmes – la salle d’audience correctionnelle où se déroule la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, (CRPC) – 1er décembre 2025. • © FTV P.Pidoux
Ces cadeaux illégaux, destinés à fidéliser les pharmaciens, ont été distribués dans toute la France par le laboratoire Urgo, pendant une période de six ans.
L’an dernier, dans l’Aude par exemple, un pharmacien de Couiza avait mis en avant les produits Urgo dans son officine. En contrepartie, au lieu d’une remise sur les prix, le géant du pansement et de la compresse lui avait offert divers cadeaux : ce pharmacien avait choisi un réfrigérateur pour les vaccins, un fauteuil ergonomique ou encore une montre et un téléphone portable.
Il a été condamné à 17 500 € d’amende.
À Alès, il y a deux semaines, une dizaine d’officines ont été, elles aussi, poursuivies en justice pour ce même délit. Celles qui avaient reçu moins de 10 000 € de rétribution s’en sont sorties avec un simple rappel à l’ordre.
Depuis 2017, la loi précise qu’au-delà de deux repas par an pour un montant de 30 € maximum, 150 € de livres et 20 € de fournitures, les cadeaux des laboratoires sont interdits.
Les professionnels de santé sont tenus de déclarer ces avantages sur le site « Transparence santé public ».
Dès qu’on parle « avantages », il faut se dire attention danger ! Le professionnel de santé doit avant tout penser au patient de l’assurance maladie, avant de penser à des avantages personnels.
Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens.
De son côté, le laboratoire pharmaceutique Urgo, avait déjà été condamné pour ces pratiques illégales par le tribunal correctionnel de Dijon, en 2023, a une amende conséquente : elle s’élevait à 1,25 million d’euros.
