Lilou, 18 ans, Jérémie, 22 ans et Hugo, 23 ans se sont lancés dans la viticulture sur les traces de leurs parents. Un métier rude qu’ils pratiquent avec passion au sein de la cave coopérative sérignanaise qui enregistre, chez ses coopérateurs, la moyenne d’âge la plus basse d’Occitanie.
« Ah non pas celle-là, je ne ressemble à rien ! » Il est midi passé à la cave coopérative des Vignerons de Sérignan. Après l’interview, arrive l’heure de la séance photo. Ambiance de franche camaraderie : devant l’objectif, Lilou, Hugo et Jérémie se chamaillent en se marrant. Il faudra plusieurs prises de vues avant de choisir la bonne image… Toute souriante, Lilou valide enfin le cliché sous les quolibets de ses deux potes. Ces trois jeunes viticulteurs font partie de la jeune garde montante de la cave sérignanaise. Lilou Chkounda est âgée de 18 ans, Jérémie Guerrero, 22 ans et Hugo Bombal, 23 ans.
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Le pari de la viticulture
Ils avancent tous les trois sur les traces de leurs parents qui travaillent aussi la vigne. À l’heure où la profession traverse une profonde crise (production diminuée pour cause de fréquentes périodes de sécheresse, vente de vin et revenus en baisse…), ces jeunes loups font le pari de la viticulture : « Depuis que je suis tout petit, je vais à la vigne avec mon père, sourit Hugo qui a investi dans 6,5 hectares. Cela m’a toujours plu. »
Pour Lilou, qui travaille 1,5 hectare, être viticulteur est une question de « liberté ». Comme ses jeunes amis, la jeune femme apprécie de « travailler seule dans la nature ». Jérémie, lui, avoue savourer être son « propre patron ». Il concède aimer vivre de sa passion et s’épanouir dans un métier où « pendant douze mois, on ne fait jamais la même chose ».
Adapter le travail au marché
Aujourd’hui, produire du vin demande de s’adapter à un marché en pleine évolution. Le goût des consommateurs et leur manière de boire du vin ont changé. Ils recherchent notamment des nectars peu forts et « faciles » à boire. Les jeunes viticulteurs ont donc dû apprendre à adapter leur travail et ils œuvrent ainsi dans le droit fil de leur cave coopérative, qui bonifie et commercialise leur savoir-faire : « Avant, un viticulteur pouvait planter n’importe quoi et se tromper, les vignes faisaient toujours du raisin, analyse Jérémie. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. On regarde la production, on réfléchit à ce qu’il faut planter. La réflexion a changé. Nous travaillons en fonction de ce que demande la cave ».
Des vendanges en dessous des prévisions
Cet été, Hugo et Lilou ont fait leur première récolte. L’un a recueilli environ 50,3 tonnes de raisin et la jeune femme, 11 tonnes. Jérémie, lui, pour ses deuxièmes vendanges s’est contenté de 67 tonnes. Tous les trois font grise mine. Ils s’attendaient à beaucoup plus. Mais comme leurs pairs, le coup de chaud et la sécheresse de la mi-août leur ont été préjudiciables.
Ces vendanges « moyennes » leur rappellent la dure réalité du métier d’agriculteur, si dépendant des caprices de la nature et de la météo : « Si on n’a pas la passion de la vigne, on ne peut pas faire cette profession, relève Jérémie. Et ce n’est pas pour l’argent qu’on le fait. Sinon, nous aurions fait autre chose ! »
Pas prêts à baisser les bras, les trois jeunes viticulteurs entendent continuer à s’étendre et à investir dans un métier rude qu’ils jugent noble, entretenant avec passion et dévouement leur héritage familial.
Moitié moins de viticulteurs mais autant de vignobles
Du côté de la cave coopérative sérignanaise, qui peut se targuer d’être la structure où il y a le plus de jeunes au niveau du département (54 caves au total) et même en Occitanie, avec une moyenne d’âge de 46 ans, l’arrivée de jeunes viticulteurs est toujours vue d’un très bon œil : « Voir des jeunes se lancer dans la profession permet de pérenniser l’activité et surtout d’apporter un certain dynamisme, s’enthousiasme Pierre Calmel, le président des Vignerons de Sérignan. Parmi nos 150 vignerons, nous avons beaucoup de personnes âgées de 30 à 45 ans. En sachant qu’il y a quinze ans, nous étions 320 viticulteurs à la cave alors que nous n’avons pas perdu de surface de vignoble. »
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