Créé au début du siècle dernier par l’arrière grand-oncle de Guillaume Chamboredon, le domaine situé à la sortie de Béziers, ancienne route de Bédarieux, se repose sur douze hectares de vignes cultivées en bio. Guillaume et son épouse Vanessa s’y emploient à produire de sympathiques nectars.
Alors qu’en toute indifférence, le chat attaque sa toilette au pied d’une cuve, le chien des lieux vient renifler les mollets du visiteur. Il est midi passé dans la vaste cave du domaine Chamboredon, situé à la sortie de Béziers, ancienne route de Bédarieux. Ce jeudi, c’est relâche. Les vendanges ont certes débuté, mais seuls les blancs étaient prêts à êtres récoltés. Pour les rouges, il faudra attendre encore quelques jours.
Guillaume Chamboredon et son épouse Vanessa savourent ainsi ce court moment de répit qu’offre le marathon des vendanges. Le maître des lieux propose de déguster le muscat petit grain et le sauvignon, tous les deux fraîchement mis en cuve où ils sont réfrigérés à une température entre 16 et 17 degrés. Les levures viennent à peine d’être ajoutées au muscat qui dévoile un agréable goût de jus de raisin. « Pour le sauvignon, la fermentation a déjà commencé, sourit Guillaume. On commence à sentir l’alcool, c’est entre le vin et le jus de raisin. Au fil des jours, on sentira de moins en moins le sucre et le taux d’alcool va monter. »
Le Biterrois est devenu vigneron sur les traces de son père Claude qui en avait pris la tête en 1980 : « Dans les années 50, c’est la nièce de Léopold Cathala, mon grand-oncle qui avait créé le domaine au début du siècle dernier, qui en a hérité, raconte le vigneron. Il comptait sept hectares de vignes. Quand mon père l’a repris, j’avais 5 ans. J’ai grandi ici. Le domaine s’appelait, en fait, Saint-Vincent-le-Haut. Notre cave actuelle a été bâtie il y a dix ans. C’est quand je l’ai déménagée que je l’ai appelé le domaine Chamboredon. »
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Certifié bio depuis 2018
Guillaume a toujours voulu travailler en extérieur, proche de la nature. Il a pris la succession de son père en 2002. Le domaine s’étend aujourd’hui sur une douzaine d’hectares entièrement cultivés en bio. Un choix qui a paru évident à Guillaume : « J’en avais assez de passer des produits où il y avait une tête de mort sur les emballages, dit-il gravement. Nous avons voulu éviter de mettre trop de produits dans les vignes. Nous avons alors commencé la conversion en bio en 2015, lorsque nous avons construit la cave, explique-t-il. Nous avons obtenu la certification bio en 2018 sur la totalité du domaine. »
Passer en culture biologique n’est pas évident, mais pour rien au monde, les Chamboredon feraient marche arrière : « C’est effectivement beaucoup plus de travail, surtout à la main, relève le vigneron. Et en bio, il n’y a pas de rattrapage mais nous resterons en bio !«
Comme c’est le cas pour la majorité des vignerons, commercialement, depuis plusieurs mois, c’est un peu plus compliqué pour le domaine qui produit environ 27 000 bouteilles par an et 300 à 400 hectolitres de vrac. Le bio se vend moins bien et surtout, le vrac est devenu difficile à écouler. Comme pas mal de leurs pairs, Guillaume et Vanessa doivent donc faire face à des stocks d’invendus.
Se tourner vers l’accueil avec un caveau de vente
Afin de donner un coup de pouce à ses ventes, le couple envisage depuis des mois de créer un caveau. Ce qui lui permettrait de développer le marché local à destination des particuliers. Pour l’heure, le projet demeure dans les cartons, la banque n’ayant pas accordé de prêt. Sans lui, pas de caveau et donc pas d’augmentation du chiffre d’affaires. Le serpent qui se mord la queue… « Nous sommes proches de Béziers et cela nous permettrait d’accueillir plus de clients dans un lieu adéquat, où il ne ferait pas trop chaud l’été, relève Vanessa qui garde l’espoir d’obtenir le feu vert de la banque. Les gens pourraient aussi venir en famille. »
En attendant, cet été, le domaine Chamboredon, qui essaye de développer l’accueil, a mis en place des soirées avec dégustations et repas. Il cherche aussi à varier ses produits et a planté en mai, sur un hectare, un cépage résistant blanc. De quoi produire un vin arrivant à maturité à 11,5 degrés d’alcool. Un nectar léger correspondant à la demande d’une clientèle qui recherche de plus en plus des vins faciles à boire et tirants sur le fruit. Comme beaucoup d’ailleurs des flacons, notamment le rosé, proposés par le domaine biterrois..
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