L’association Ukraine Libre réclame la déprogrammation de la DJ russe Nina Kraviz à un festival organisé à la Halle de la Machine à Toulouse (Haute-Garonne), en octobre prochain. Celle-ci lui reproche sa neutralité concernant le conflit russo-ukrainien. Un argument qui ne paraît pas valable pour l’instant pour les organisateurs.
Figure mondiale de la musique électro, la DJ russe Nina Kraviz et sa venue prochaine à l’automne à Toulouse soulève la polémique.
L’artiste doit se produire à la Halle de la Machine, le 4 octobre prochain, dans le cadre du festival Pink Paradize & Mécanik Paradize. Mais sa programmation est contestée par l’Association Ukraine Libre. Cette dernière a adressé, vendredi 1er août, une demande officielle d’annulation aux organisateurs du festival « Les Productions du Possible » et à la direction de la Halle de la Machine.
« Depuis 2022, Nina Kraviz fait l’objet d’une controverse internationale en raison de sa posture de neutralité assumée face à la guerre en Ukraine. Ukraine Libre appelle les organisateurs à renoncer à cette programmation et à reconsidérer leurs choix artistiques à la lumière de la situation actuelle en Ukraine », argumente l’association dans un communiqué.
Pour l’association Ukraine Libre, la venue de l’artiste russe à Toulouse, « ville jumelée avec Kiev depuis 1975 et fortement mobilisée depuis 2022 pour soutenir le peuple ukrainien, pose un problème
éthique majeur. Elle envoie un signal dangereux et blessant à notre communauté, et entre en contradiction avec les valeurs que porte notre territoire : la paix, les droits humains, et la
solidarité active ».
L’association propose aux organisateurs de programmer une figure de la scène techno ukrainienne, « aujourd’hui parmi les plus dynamiques et reconnues au monde. Des artistes comme DJ Nastia (Anastasia Topolskaia), Ksenia Palfy, Miss Monique(Alessia Arkoucha) ou Miss K8 (Kateryna Kremko) allient excellence artistique et font rayonner la culture, l’identité et la résilience ukrainiennes sur les plus grandes scènes internationales. »
Joint par France 3 Occitanie, Mick Athias, programmateur de Mecanik Paradize à la Halle de la Machine, affirme que la venue de l’artiste n’est pour l’instant pas remise en question en raison de sa position de neutralité : « En tant qu’acteur culturel, nous soutenons le combat de ces associations telle qu’Ukraine libre et nous ne pouvons cautionner la guerre et la politique culturelle imposée par Poutine. Mais je reste un peu surpris de cette polémique, même si, encore une fois, je soutiens et je comprends le combat de ces associations ».
« Sauf preuve du contraire », l’argument de la neutralité adoptée par l’artiste ne devrait pas remettre en question sa venue dans la Ville rose.
« Le principe de neutralité peut s’imposer aussi, c’est ce qui se fait aussi dans nos démocraties, je pense, par le vote blanc, par exemple, et il ne faut pas oublier aussi que les artistes russes ont leur famille là-bas. Le principe de neutralité est peut être dicté par la peur des représailles du régime, souligne aussi le programmateur. Et Nina Kravitz a quand même fait des déclarations certes neutres, mais en faveur de la paix, jugeant que c’était dramatique ce qui se passait entre leurs deux pays. »
Nina Kraviz est programmée dans plusieurs festivals en Europe et en France comme les Vieilles Charrues à Carhaix en Bretagne le mois dernier. À chaque fois, les mêmes demandes de la part d’association ukrainiennes sont formulées à l’encontre de Nina Kraviz. Sans succès. Son set du 17 juillet dernier s’est déroulé sans entrave, ni prise de position, selon nos confrères du Télégramme.
