Un campement d’une quarantaine de caravanes s’est installé illégalement à Aimargues. Les députés RN du Gard réclament la tolérance zéro. D’autres élus dénoncent une récupération politique.
Depuis plusieurs jours une quarantaine de caravanes occupent un terrain privé d’une entreprise à Aimargues, dans le Gard. Depuis, la tension monte entre les élus de la ville et du département.
Face à cette installation illégale, le maire d’Aimargues a réagi avec fermeté. Une plainte a été déposée. Un huissier est venu constater les faits. Une procédure en référé expulsion a été engagée.
Pas très loin du terrain, les clients d’un hôtel voisin voient désormais les caravanes depuis leurs chambres. « Pour l’instant, on n’a pas de mauvais commentaires par rapport à ça, mais ça risque de ne pas tarder », confie Safa Hajji, réceptionniste de l’enseigne.
Cette occupation relance le débat récurrent sur les campements illégaux de gens du voyage. Les cinq députés Rassemblement National du Gard ont publié un communiqué. Ils affirment avoir « cosigné et déposé une proposition de loi » pour faciliter les expulsions.
« Aujourd’hui, il faut motiver la décision par des critères d’insalubrité, de sécurité ou de tranquillité publique. Nous, on considère que l’illégalité seule doit suffire à expulser », explique le député RN Nicolas Meizonnet. Mais dans les faits, il ne s’agit pas d’une nouvelle initiative. Ce texte avait déjà été déposé par le groupe RN en octobre 2024.
Jean-Michel Perret, maire (DVG-SE) de Saint-Hilaire-de-Brethmas, critique le discours du RN. Il rappelle qu’une autre proposition de loi existe déjà. « Elle a été enregistrée le 27 mars par un député Horizon. Un groupe de travail transpartisan a été constitué. Il est présidé par une députée de La France insoumise », précise-t-il.
Dans sa commune, il a aussi connu une occupation illégale sur le stade municipal. Les conséquences ont été l’annulation de la fête du 14 juillet et du feu d’artifice. Mais pour lui, le vrai problème est ailleurs. « Ce qui m’exaspère, c’est que des élus ne respectent pas la loi. Ils sont censés avoir une aire d’accueil dans leur commune et ils ne la créent pas. Ensuite, ce sont les autres communes qui subissent », déplore-t-il.
Aujourd’hui, seules les communes de plus de 5 000 habitants sont tenues d’avoir une aire d’accueil pour les gens du voyage. Mais la loi est inégalement appliquée.
Écrit avec Alexandre Rozga.
