« Faire connaître les produits de ma région » : de Béziers à Tokyo, l’étonnant parcours de Fanny Fernandes et sa Cocotte Cuisine

L’entrepreneuse biterroise a fondé Cocotte Cuisine, une épicerie fine de produits biterrois, dans la capitale nipponne.

« Je fais les choses au feeling, parfois la naïveté peut déplacer des montagnes. » Avec une simplicité désarmante, Fanny Fernandes, expatriée au Japon, raconte son parcours comme une succession de décisions opportunes. De la naïveté, certains diront du courage, il en a fallu à la Biterroise, pour décider de tout quitter, s’installer à Tokyo et finir par y monter Cocotte Cuisine, une boutique de produits languedociens.

Des cours de langue aux fourneaux

Encore aujourd’hui, alors qu’elle a posé ses bagages dans la capitale japonaise depuis plus de 15 ans, Fanny a du mal à expliquer ce choix de vie radical. « Je ne sais pas d’où ça vient, j’ai toujours été attiré par ce pays, sa culture, son esthétique », confie celle qui admet « ne pas venir du tout d’une famille de voyageurs ». Le Japon sera d’ailleurs son premier grand voyage en 2007. « C’était la première fois que je prenais l’avion, je suis partie avec un groupe d’amis et ça a été comme une évidence : j’ai su que je devais y retourner pour poursuivre cette découverte. »

Alors Fanny se met à l’étude du japonais puis, une fois son diplôme de psychologie en poche et une première expérience professionnelle, s’envole à nouveau pour l’archipel avec cette fois-ci un visa de travail. Sur le tas, elle devient professeur de français. « Rapidement, je me suis aperçue que mes élèves étaient très intéressés par la nourriture, il ne me parlait que de bouffe ! », explique-t-elle. Émerge alors l’idée d’animer des ateliers de cuisine en parallèle des cours de langue. Et ce sera la ratatouille qu’elle enseignera en premier : « Je n’ai pas de formation en cuisine, j’ai donc fait avec les plats que je connaissais : des recettes de ma région, ça me semblait naturel ».

« J’aime la cuisine populaire »

Dans le milieu feutré des expatriés, « très masculin », Fanny et son accent biterrois dénotent un peu mais elle ne se laisse pas gagner par cet entre-soi un peu facile. Finalement, elle abandonne les cours de langue pour se consacrer à sa passion : la cuisine. Elle prend ses marques dans un bistro français, le Cavo, tenu par un ami vendéen dans la capitale nippone. « Assez rapidement, je lui ai fait comprendre que les galettes ce n’était pas trop mon truc », sourit-elle. Petit à petit, les nectars languedociens viennent peupler la carte des vins et la galette est remplacée par les seiches à la sétoise.

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« J’aime la cuisine populaire, affirme Fanny. Quand on parle de gastronomie française au Japon, on arrive rapidement à quelque chose d’un peu élitiste. J’ai envie de changer cette image en proposant des plats de ma région qui soient généreux ». Et facile à faire : car, et c’est là une des particularités de sa démarche, Fanny ne propose à ses clients et ses élèves que des recettes accessibles avec des ingrédients disponibles au Japon. Et, en parallèle de son travail au bistrot, la jeune femme poursuit ses ateliers culinaires avec Cocotte Cuisine.

La Salvetat sur Tokyo

Comme pour beaucoup, la crise du Covid marque un tournant dans son parcours. « Je ne pouvais plus naviguer aux quatre coins de la ville pour donner mes cours, alors je me suis mise à chercher un lieu, un peu comme ça »‘, replace-t-elle. Elle jette son dévolu sur un local de Jiyugaoka, un quartier en vogue au sud de la ville. C’est là que Cocotte Cuisine pose enfin ses valises et qu’elle décide de monter son projet de traiteur épicerie fine. « C’était un challenge car l’idée d’acheter un plat pour ensuite aller le consommer chez soi n’est pas très développée sur l’archipel », explique l’entrepreneuse. Et le succès est au rendez-vous : « Il y a eu tout de suite un réel engouement et, passé l’effet de nouveauté, j’ai réussi à atteindre une forme d’équilibre », se félicite-t-elle.

Aujourd’hui, Fanny est à la tête d’une petite entreprise qui compte sept employés. Son mari, lui aussi cuisinier, l’a même rejoint dans l’aventure. « Je souhaite continuer à développer les liens entre ma région et le Japon », affirme-t-elle. Et de lancer un appel aux artisans biterrois : « Les Japonais sont très friands de notre culture, il ne faut pas hésiter à leur faire découvrir des produits locaux ». D’où son ambition, de servir un jour la charcuterie de La Salvetat-sur-Agout à ses clients nippons.

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https://www.midilibre.fr/2025/03/23/faire-connaitre-les-produits-de-ma-region-de-beziers-a-tokyo-letonnant-parcours-de-fanny-fernandes-et-sa-cocotte-cuisine-12580035.php

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