Ce jeudi 20 février a eu lieu la pose de la première pierre du bâtiment, dont la construction est déjà bien avancée. Un nouvel écrin qui était indispensable pour le personnel soignant et les pensionnaires.
« Cela faisait très longtemps qu’il y avait la volonté de partir sur un établissement digne. Il manquait simplement les moyens des ambitions », indique Isabelle Donatti, directrice de l’Établissements et services pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) de Nissan-lez-Ensérune. D’où l’émotion, qui a transpiré de son discours, ses quelques larmes, et les nombreux sourires présents dans l’assemblée, qui réunissait notamment les familles des enfants accueillis et une partie du personnel de l’établissement.
Ce jeudi 20 février, avait lieu la pose de la première pierre du nouvel EEAP. Un moment symbolique puisque la construction du bâtiment est déjà bien avancée. Son inauguration devrait avoir lieu au printemps 2026. « L’ancien bâtiment était obsolète, affirme la directrice. Il y avait des problèmes de chambres à plusieurs lits, des tuyauteries qui vieillissent… Il ne dispose pas de salle d’activité, il n’était plus adapté. Là, nous allons avoir un potentiel bien plus important. »
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Un bâtiment plus spacieux et mieux adapté
Situé en face de l’école primaire sur un terrain de 13 hectares, cédé pour une somme symbolique par la mairie, le nouveau bâtiment sera bien mieux adapté aux besoins actuels. « Il est conçu de plain-pied, c’est la grosse différence avec l’actuel, sourit Isabelle Donatti. Il sera aussi plus spacieux et se divisera en deux parties : celle plus intime, avec les unités de vie, composées de plusieurs pôles : polyhandicap, déficience intellectuelle et trouble du spectre autistique ; et une partie vie sociale, avec les salles d’activités : peinture, poterie, balnéothérapie, espace Snoezelen (équipé de stimulations sensorielles), une cuisine thérapeutique, une salle polyvalente, les deux classes… Toute cette partie vie sociale pourra être ouverte à des groupes de l’école ou du centre de loisir. »
Une démarche d’ouverture très importante pour la directrice de l’établissement. « Ce partage, c’est tout l’enjeu des politiques en faveur du handicap, explique-t-elle. L’idée, c’est que tout soit accessible, adapté. Nous avons des enfants qui ont des particularités sensorielles très délicates, qui ne supportent pas le bruit. Aller dans une école est trop compliqué pour eux, alors qu’à l’inverse, si les enfants de l’école viennent au centre, ils pourraient partager un moment dans de bonnes conditions. Cela peut-être aussi des personnes, dans le cadre d’un club de sport ou de culture, qui viennent partager leurs hobbies avec les enfants de l’établissement. »
Un soutien important de l’ARS
De nouvelles infrastructures qui ne seraient pas possibles sans l’aide de l’Agence régionale de santé (ARS), principal soutien financier du projet. « Ils nous ont d’abord soutenus avec un plan d’aide à l’investissement en 2019, précise Isabelle Donatti. Puis, en nous accordant des crédits non reconductibles permettant de faire face aux frais d’emprunt et par l’abondement du budget de fonctionnement du montant d’une redevance qui va nous permettre de couvrir le coût de ce bâtiment sur 55 ans. »
Aujourd’hui, le Biterrois compte trois IME, avec ceux de Sauvian et Bédarieux, mais c’est loin d’être suffisant : « Les besoins sont énormes, peste la directrice de l’EEAP. J’ai une liste d’attente d’une cinquantaine d’enfants, soit autant que ma capacité d’accueil… »
L’EEAP, qu’est-ce que c’est ?
L’Établissements et services pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) de Nissan-lez-Ensérune accueille et accompagne des enfants qui souffrent d’un polyhandicap (association d’une déficience mentale grave et d’une déficience motrice importante) entraînant une réduction notable de l’autonomie. Et ce jusqu’à leurs 20 ans « et un petit peu au-delà si on ne trouve pas d’accueil en secteur adulte après ». Il reçoit cinquante enfants et adolescents, dont 14 en internat de semaine ou en internat séquentiel – une ou deux nuits par semaine, pour donner aux parents un peu de répit tout en gardant la dynamique familiale – et emploie 54 équivalents temps plein pour une soixantaine de personnes.
Le financement est assuré par la solidarité nationale : « La sécurité sociale verse une dotation à l’établissement, elle-même fixée par une autorité de contrôle qui est l’Agence régionale de santé, » explique Isabelle Donatti.
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