AFFAIRE DOUALEMN. « On a appelé à la pendre haut et court » : enquête ouverte pour cyberharcèlement et menaces de mort sur les magistrats qui ont annulé son expulsion

Depuis l’annulation de l’OQTF qui frappait l’influenceur algérien de Montpellier Doualemn, les magistrats du tribunal administratif de Melun sont la cible d’une campagne de haine en ligne accompagnée de menaces de mort. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin leur a apporté son soutien et la police judiciaire enquête.

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Tout a commencé mercredi par l’appel d’un auditeur de France Inter mercredi, se présentant comme un magistrat de la juridiction de Melun (Seine-et-Marne) : « depuis deux, trois, quatre jours (…) c’est un déchaînement de haine sur les réseaux sociaux, de toute la fachosphère« , dénonçait-il alors que le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau était l’invité de la radio. L’homme faisait référence à la campagne de haine en ligne et aux menaces de mort subies par les juges qui ont annulé l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) de l’influenceur algérien de Montpellier Doualemn le 6 février dernier.

Hier, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris a donc ouvert une enquête pour cyberharcèlement, menaces de mort à l’encontre d’un magistrat et provocation publique à commettre un crime. La police judiciaire de Melun a été saisie.

La présidente du tribunal, on a appelé à la pendre haut et court, le premier vice-président, à le décapiter, etc. A partir d’un organigramme, des individus ont essayé de déterminer qui pouvait être l’auteur de ce jugement (…) qui n’est que la stricte application de la loi.

Témoignage d’un auditeur de France Inter, repris par l’Agence France Presse

Une loi que le garde des Sceaux Gérald Darmanin a aussitôt appelé à modifier, tout en apportant son « soutien absolu » à tous les magistrats et avocats de France visés par des menaces en lien avec des affaires dont ils ont à traiter, comme ceux de Marseille en charge du narcotrafic.

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Répondant à un sénateur lors de la séance de questions au gouvernement le 12 février, le ministre de la Justice a précisé qu’ils « devaient être intégralement protégés« , de même que « les greffiers, les agents pénitentiaires, mais aussi les policiers, les gendarmes, tous ceux qui contribuent à l’autorité de l’État« .

De son côté, le Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel (CSTA), d’ordinaire peu disert, a dénoncé « avec force les propos et publications récemment diffusés qui mettent en cause l’indépendance et l’impartialité des juridictions administratives« .

Poursuivi pour avoir mis en ligne une vidéo incitant à la violence envers des opposants au régime algérien, l’influenceur Doualemn, qui vit à Montpellier avec sa famille, doit être jugé le 24 février prochain. Son titre de séjour lui a été retiré et il a été placé dans un centre de rétention proche de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, avant d’être libéré le 7 février à la suite de l’annulation de l’arrêté d’expulsion qui le frappait. Auparavant, l’Algérie avait refusé de l’accueillir sur son sol.

L’influenceur de 59 ans, de son vrai nom Boualem Naman, s’était alors retrouvé au cœur d’un bras de fer diplomatique entre la France et son pays natal, sur fond de tensions croissantes depuis des mois entre les deux nations.

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Le 6 février, le tribunal administratif de Melun a annulé l’OQTF dont il faisait l’objet, arguant que puisqu’il vivait légalement en France, il « ne pouvait être éloigné du territoire français que selon la procédure d’expulsion ordinaire« , qui « n’était donc pas légalement applicable« .

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