Béziers : les infirmiers libéraux, épuisés, craignent « la disparition du métier »

Ce mardi 14 mars, une quinzaine d’infirmiers libéraux du Biterrois s’est retrouvée devant l’Établissement français du sang de Béziers (EFS) pour mener une action de don du sang afin d’exprimer leur colère.

« Quitte à se faire saigner, autant que cela soit utile. » Tel était le slogan du collectif des « Infirmiers libéraux en colère », ce mardi 14 mars. Né en décembre dernier via les réseaux sociaux, le mouvement national se structure petit à petit et ne cesse de multiplier les actions afin de se faire entendre. Ce jour-là, les membres biterrois du collectif se sont donné rendez-vous devant l’EFS (Établissement français du sang) de l’hôpital de Béziers pour clamer leur colère, munis de pancartes et de leur blouse blanche. 

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« Nous sommes les oubliés du Ségur », entame l’une d’entre elles, remontée. « Non mais tout d’abord, parlons de la retraite à 67 ans. C’est du délire. Aucun infirmier ne peut tenir jusque-là. Surtout que notre espérance de vie est inférieure à la moyenne nationale de sept ans », rajoute Dominique. Et les revendications sont encore nombreuses. Entre autres, la revalorisation de l’indemnité forfaitaire de déplacement (IFD). Aujourd’hui, les infirmiers libéraux touchent 2,50 € à chaque déplacement chez un patient, qu’il soit à 2 km ou à 20 km. « Ils l’avaient augmentée de 4 centimes au sortir du Covid… Mais nous l’ont retirée au 1er janvier », témoigne Cathy. Dans tous les cas, Stéphanie assure que « l’augmentation était tellement ridicule que je ne l’avais même pas remarquée au début »

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Injustice supplémentaire : l’article 102 du PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) 2023, qui stipule une retenue de 10 % du chiffre d’affaires des professionnels libéraux par la CPAM si une erreur est faite dans leurs cotations. « C’est du n’importe quoi, c’est à nous de faire tout ce côté administratif ! Et le système de cotation est très complexe, on peut se tromper ! », gronde Marie-Jo.

« Bientôt nous devrons être sélectifs »

S’ajoute à cela, le système des « actes dégressifs ». « Par exemple, si pour le même patient nous devons effectuer trois soins à savoir, changer un pansement, faire une prise de sang, et faire la toilette, nous ne sommes pas payés intégralement pour les trois prestations. La première nous est payée à 100 %, la deuxième à 50 %, et la troisième est… gratuite », déplore Stéphanie. Et de poursuivre : « À savoir, aussi, que lorsque nous nous occupons d’un patient le matin, si dans l’après-midi il se rend aux urgences, nous ne pouvons facturer notre prestation matinale. Puisque l’hôpital facturera la journée. » 

« Nous avons des journées interminables. Il nous arrive parfois de travailler jusqu’à 14 heures par jour ! Les vendredis, dès que les médecins partent en week-end, c’est à nous que l’on fait appel. Nous n’avons pas le droit de faire grève, nous ne pouvons pas partir en vacances si nous ne nous sommes pas suffisamment avancés dans notre travail… Nous n’en pouvons plus. » Les infirmiers libéraux sont fatigués, et appréhendent une seule chose : que leur métier soit en voie d’extinction. 

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« Bientôt, nous devrons être sélectifs quant aux soins à prodiguer. Faire ce qui nous rapporte le plus, parce que nous devons vivre, nous aussi. On en arrive déjà à refuser des créneaux de prises de sang car nous n’avons plus le temps », s’inquiète Marie-Jo.  

https://www.midilibre.fr/2023/03/14/beziers-les-infirmiers-liberaux-epuises-craignent-la-disparition-du-metier-11061295.php

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