« À l’ASBH, la passion a pris l’ascendant sur la raison » : Philippe Baillard se confie sur la tentative de rachat

Le conseiller de Samir Ben Romdhane, l’homme d’affaires ayant tenté de racheter le club de rugby de Béziers en 2020, est sorti du silence ce mardi. Il a accordé un entretien à Midi Libre.

Philippe Baillard, présenté comme le bras droit de Samir Ben Romdhane – l’homme d’affaires franco-tunisien ayant tenté de racheter l’ASBH en 2020 – est sorti du silence, ce mardi, une semaine après la communication du rapport pour le moins succinct sur les comptes du club de rugby biterrois. Une façon pour lui de « clore » cette affaire et de défendre sa partie alors que le journal L’Équipe a publié une enquête à charge contre Samir Ben Romdhane intitulée « L’homme qui a berné Dominici ». Dominici a trouvé la mort le 24 novembre 2020, quelques mois après l’abandon du projet de rachat pour lequel il s’était donné corps et âme…

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Quel est l’objet de votre communiqué qui revient sur l’achat avorté de 2020 ?

Ce qu’il faut savoir c’est que beaucoup espéraient mettre la main dans la hotte du Père Noël mais à part faire valoir leur frustration personnelle, ils n’ont rien fait… À l’origine, il y avait un deal pour récupérer ce club mais il n’a pas pu se faire en raison de l’opacité des comptes et la non-envie des propriétaires qui ont mis des obstacles à chaque fois. Dès le début des négociations et à l’analyse des éléments qui nous ont été fournis par les dirigeants en place et les propriétaires de Passion Ovalie, tout a été opaque et tronqué. Comme nous l’avions soulevé dès le début des discussions, l’audit confirme que les ressources du club ont été purement et simplement détournées au profit d’un système sophistiqué de sociétés satellites… Tous ces éléments et les attitudes de ces dirigeants ne nous ont jamais permis, ainsi qu’à tous les autres candidats à la reprise, d’avancer dans un climat de professionnalisme et de transparence nécessaire à ce type de négociation. Les cavaleries et autres montages ont détourné tous les moyens économiques du principal objectif qu’ils auraient dû servir : le projet sportif ! Tout était organisé pour que le club reste entre les mains de ces dirigeants jusqu’à refuser un chèque d’un montant important (6 M€ chez la banque allemande CommerzBank NDLR) qui aurait levé les doutes sur nos intentions.

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Il a plutôt été dit, à l’époque, que vous n’aviez pas apporté les garanties financières permettant la transaction…

Ils ont refusé le chèque ! Et quand vous passez devant la DNACG (le gendarme financier du rugby NDLR) c’est qu’elle a vu que vous aviez la capacité de. Tout était au beau fixe. À la DNACG, ils sont là pour accompagner, ils sont plutôt bienveillants, ils essaient de faire en sorte que ça se passe au mieux. Ils ont accepté et accepté jusqu’à aujourd’hui. En face, jusqu’au dernier moment, ils ont fait en sorte que ça ne se fasse pas. On a signé une lettre d’intention avec des clauses suspensives, tous les contrats devaient être renégociés car ils avaient bradé la buvette, la publicité… pour récupérer de la trésorerie. Mais aucune de ces clauses n’a été levée. Ensuite, lorsqu’on est passé devant la DNACG, il y avait urgence, il ne restait plus que deux jours pour changer l’équipe. Finalement, avec nos amis Yannick Pons, nos partenaires et notre cher regretté Domi, nous avons fait le même constat : nous n’arriverions jamais à mettre en place ce projet.

Pourquoi vous exprimez aujourd’hui ? Quelle est votre démarche ?

Revenir à l’épisode de départ. À l’origine, on est arrivé de façon hyper discrète. À un moment donné, ils se sont vexés. Ils ont produit des noms dans la presse. Notre ami Domi en a fait quelque chose de passionnel. Ils ont mis en pâture à l’opinion populaire des choses qui n’avaient aucune raison de l’être. Christophe, c’était sa vie en fait, il en a fait un sujet populaire. Et la passion s’est emballée pour aller dire tout et n’importe quoi. Un si grand club génère de très grandes passions et tout le monde y est allé de sa vérité. Robert Ménard se trouve dans une situation délicate et nous comprenons mieux pourquoi il n’a eu d’autre choix que de tout mettre en œuvre pour sauver le club. Et qu’il ait été obligé de leur enlever le club des mains.

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En quelle qualité vous exprimez-vous ?

En tant que conseil par rapport au rachat de l’ASBH par la société Sotaco dirigée par Samir ben Romdhane. C’est purement de mon initiative, j’ai ma propre entreprise, j’exprime un sentiment, j’apporte un éclairage. Je reste dans mon rôle. Et rappelle : dès la première réunion avec les propriétaires du club, on était sur le principe « ni boni ni perte ». On rachetait pour 1 € symbolique, on remettait des fonds pour retrouver l’équilibre et relancer le club, il y avait une très belle aventure à créer. Mais la passion a pris l’ascendant sur la raison.

L’enquête du journal L’Équipe présente Samir Ben Romdhane comme un véritable escroc. Qu’avez-vous à dire à ce sujet. Continuez-vous à travailler pour lui ?

Ça remet une pièce dans le système. Ils ont cru que Ben Romdhane, c’était la série Netflix Inventing Anna ! Mais notre proposition de rachat était sérieuse, oui. Quant à Ben Romdhane, il n’y a personne à qui il ait pris de l’argent, personne ne peut revendiquer que Ben Romdhane lui doit quelque chose, à part des promesses. Et non, je ne travaille plus avec lui mais j’ai des contacts, ils ne m’ont pas fait de mal, pourquoi je me couperai d’eux ?

https://www.midilibre.fr/2022/04/05/a-lasbh-la-passion-a-pris-lascendant-sur-la-raison-philippe-baillard-se-confie-sur-la-tentative-de-rachat-10216697.php

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