Inondations meurtrières de Lamalou : pour l’heure, il est acquis que le camping était inondable

Des débats techniques lors de ce premier jour du procès des deux anciens maires de Lamalou pour arriver à une vérité sur le drame du 18 septembre 2014, ou quatre personnes sont décédées.

Ce mercredi 30 mars a débuté le procès des deux ex-maires de Lamalou-les-Bains, Marcel Roques (trente-huit années de mandats entre Bédarieux et Lamalou, NDLR) et Philippe Tailhan (trois ans de mandat, NDLR) devant le tribunal de Béziers.

La matinée n’a rien révélé de bien important en dehors du fait que le maire Philippe Tailhan n’était pas joignable par téléphone le jour du drame. Mais, il était tout le temps informé de ce qui se passait sur sa commune.

Et, d’autre part, que l’ancien maire Marcel Roques n’avait pas renouvelé l’abonnement au service Predict qui alerte des risques de crues car il avait embauché un spécialiste des rivières.

Des inondations en 1992 et 1996

C’est donc dans l’après-midi que des informations majeures ont été avancées. Elles remettent en cause le caractère exceptionnel de la crue soudaine et de la submersion du camping.

C’est l’ancien commandant de la brigade de gendarmerie de Bédarieux en poste de 1992 à 1996 qui a témoigné : “En 1996, je faisais une tournée de surveillance des cours d’eau alors que l’Orb et la Mare étaient en crues. J’avais remarqué que le Bitoulet avait un débit très faible. Intrigué et inquiet, j’ai immédiatement fait évacuer le site en peine nuit. J’ai pensé qu’un obstacle pouvait gêner l’écoulement normal de la rivière. Au petit matin, le camping municipal était sous les eaux, un barrage avait cédé plus haut. Aucune personne n’avait été impactée et j’ai ensuite prévenu la mairie de l’action des militaires durant la nuit.” De quoi en effet poser question.

Marcel Roques, alors maire, ne s’est pas souvenu de cet accident. Il avait juste un souvenir pour l’année 1992 : “J’étais un peu précurseur du principe de précaution. Comme l’eau montait dans le Bitoulet et qu’elle s’approchait du haut du muret j’avais fait évacuer ce terrain pour mettre les gens à l’abri. Il y avait eu de l’eau dans le camping mais rien de grave. En 1996 cela a été la même chose.”

Philippe Tailhan, élu de la majorité à l’époque n’avait pas retenu ces épisodes. “J’ai su que les terrains avaient été inondés mais rien de plus, je travaillais et vivais sur Montpellier. Personne ne m’a alerté sur ce phénomène. D’ailleurs avait-on à le faire ?”

“Il manque quelqu’un à nos côtés !”

Philippe Tailhan, a tenté à plusieurs reprises d’évoquer le sujet de l’alerte Orange, mais la présidente Nadège Larochette l’en a empêchée pour réserver ces propos à cette journée de jeudi. Il faut dire que Philippe Pailhan est remonté contre Météo France : “Qui lance des alertes qui ne sont pas assez précises. Mettre un département en alerte ne veut rien dire. Il fait beau à Montpellier et pas chez nous. C’est important d’en parler.” 

L’ancien élu n’a pas caché son étonnement : “Nous ne sommes que deux aujourd’hui. Il manque quelqu’un à nos côtés. Où est le représentant de l’État ? Il a sa responsabilité dans ce dossier. Nous ne pouvons pas porter seuls la responsabilité de ce drame et cela même si je suis ici pour rendre des comptes. C’est quand même un problème.” 

Il convient de dire que même s’il peut y avoir une responsabilité sur l’ouverture de ce camping, les seuls élus de Lamalou ne sont pas responsables de l’entretien des 13 km du Bitoulet. Depuis le 1er janvier 2014, cette compétence incombait à la communauté d’agglomération Grand-Orb et peut-être aussi aux élus de Combes et Taussac qui n’avaient pas nettoyé leur rivière. Cela n’aurait pas empêché l’embâcle de se former mais peut-être auraitil été moindre.

Inondable ou pas ?

Nicolas Rasson, témoin, responsable de l’unité prévention des risques à la DDTM a expliqué, à la suite d’une question de la présidente Nadège Larochette au sujet du caractère inondable du camping. “Une partie du camping est bien en zone inondable sur une bande d’une dizaine de mètres en bordure du Bitoulet et, selon une autre carte, il est intégralement dans le lit majeur morphologique de la rivière. Mais ce dernier point n’a pas de valeur juridique. La zone est très limitée mais doit être prise en compte dans le cadre du plan communal de sauvegarde.”

Il a expliqué, trait pour trait, à toutes les parties en présence, les cartes de la commune présentée pour réaliser le PPRI et le PLU. De quoi compliquer la tâche des deux maires qui ont eu du mal à se départir de leurs explications d’autant que de nombreux arrêtés ont été modifiés au fil des ans concernant et la zone inondable et les dates d’ouverture du camping qui posent question.

Des tensions entre avocat et procureur

Ce premier jour de procès aura révélé quelques tensions entre d’un côté Me Simon, avocat, et son client, Marcel Roques, et de l’autre, le représentant du ministère public, David Durand. Marcel Roques, ancien avocat lui-même, a usé d’un ton impertinent et s’est fait recadrer. Puis, le timbre est monté à la suite d’interrogations du vice-procureur dans lesquelles Me Simon s’est engouffré pour laisser sous entendre que le parquetier accusait son client d’avoir produit des faux afin d’obtenir des faveurs des services de la préfecture.

https://www.midilibre.fr/2022/03/31/inondations-meurtrieres-de-lamalou-pour-lheure-il-est-acquis-que-le-camping-etait-inondable-10204984.php

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