Le gouvernement a délivré une prime destinée aux cadres de santé et infirmiers généraux, en décembre dernier, dans le secteur des soins critiques. Mais certains personnels de soins critiques, comme les infirmiers spécialisés et les puéricultrices, ne l’ont pas eu et réclament eux aussi cette prime de 100 euros par mois.
Une soixantaine de soignants s’est donc rassemblée à la pause de midi ce mardi 10 mai devant l’hôpital de Lapeyronie. Une mobilisation organisée par le syndicat CGT du CHU de Montpellier, suivie par le syndicat Force Ouvrière. Tous dénoncent une injustice et veulent davantage de reconnaissance de leur métier.
Sentiment d’oubli
« Pas contents ! Pas contents !« , crient des soignants regroupés sur la pelouse, devant l’entrée de l’hôpital de Lapeyronie. Sylvia est aide soignante en réanimation depuis 17 ans. Elle se sent complètement oubliée. « On est en binôme et on travaille jour, nuit, 1er janvier, 14 juillet, 24 heures sur 24, et on nous a mis à l’écart. C’est comme si on ne travaillait pas, qu’on ne nous reconnaissait pas dans ce service, alors que sur ma fiche de paie c’est indiqué « réanimation – aide soignante ». C’est une honte !«
Marie-Lou, elle, est puéricultrice depuis 3 ans. C’est la première fois qu’elle fait grève. « On est infirmières puéricultrices, et aujourd’hui on a un an de spécialité en plus par rapport aux infirmières [générales]. _Je gagne 2.000 euros par mois et à l’heure actuelle c’est juste 50 euros de plus que mes collègues infirmières_.«
Avec toute la difficulté que nous a entraîné le Covid dans les services, ça nous donne pas envie de rester à l’hôpital – Amélie, puéricultrice
Certaines se demandent même si elles continueront d’exercer dans les hôpitaux publics. Amélie est elle aussi puéricultrice : « Moi ça va faire huit ans que je travaille, je suis encore en début de carrière. C’est vrai qu’avec toute la difficulté que nous a entraîné le Covid dans nos services, ça nous donne pas envie de rester à l’hôpital. » Amélie et certaines de ses collègues envisagent, peut-être, de travailler dans le libéral, pour avoir selon elles plus de reconnaissance.
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