Sur la plage de Carnon, les baigneurs chassent les méduses. Pour les enfants, c’est un jeu. À qui en ramassera le plus dans son seau. « On en a 14. Mais j’arrête, j’en ai marre », affirme un jeune garçon, fier, mais lassé. Pour cause, elles sont des dizaines, dans l’eau et sur le sable.
Certains les évitent. D’autres ne mettent pas un pied à l’eau. Sur la plage en cette fin de matinée, c’est le principal objet de discussion. « On est là depuis trois jours, c’est le premier jour où il y a des méduses. C’est pas très agréable, mais c’est la nature », affirme une vacancière.
Elles sont de petite taille, de couleur rougeâtre. « On ne les voit pas bien, on peut les confondre avec des algues », constate une baigneuse. Ce sont des méduses pélagiques (pelagia noctiluca). « On les trouve rarement sur nos côtes » selon Alexandre, responsable du poste de secours des Roquilles à Carnon. « Elles étaient présentes en Corse il y a quelques jours, quelques semaines. Avec les courants marins et l’orientation du vent, il y a une migration des courants chauds et donc des méduses vers nos plages », explique-t-il encore.
Elles ont envahi le littoral à tel point qu’il est difficile de ne pas se faire surprendre. Sur le sable, certains baigneurs alertent les autres juste à temps, avant que le pied ne se pose sur l’animal gélatineux. D’autres vacanciers longent carrément l’eau pour avertir.
Cette espèce est très urticante, mais pas dangereuse. Il y a de quoi passer un mauvais quart d’heure cependant pour ceux qui croisent leur route. « On a peur de se faire piquer, on a croisé une dame qui avait cinq piqûres sur les jambes, une autre qui nous a dit que c’était pas pire qu’une piqure d’ortie », rapporte une vacancière qui se refuse à mettre un pied dans l’eau.
En une heure et demi d’ouverture, le poste de secours des Roquilles a accueilli une vingtaine de personnes victimes de piqûres de méduses. Les sauveteurs ont prévenu du risque. Le drapeau violet est hissé et la présence de méduses indiquée sur le tableau d’affichage.
Les méduses ne piquent pas, elles brûlent. Il faut donc se protéger du soleil, pour ne pas aggraver la blessure. « S’il n’y a pas de poste de secours, on recommande de prendre le sable sec pour emprisonner les filaments sur lesquels se trouvent les vésicules qui contiennent le venin qui brûle la peau » Ensuite, rien d’autre à faire que d’attendre que la douleur passe et faire un détour par la pharmacie.
Monde moderne oblige, les méduses sont désormais localisables sur internet. Il vous suffit de vous connecter sur le site meduseo, créé par un Montpelliérain.
.
