« Je suis le maire de Montpellier… _je suis un maire libre !_« Jeudi soir, la présentation de la candidate « majorité municipale, départementale et régionale » dans la deuxième circonscription de l’Hérault a tourné à l’entrée en résistance du maire socialiste Michaël Delafosse. A ses côtés, deux autres figures locales du PS : Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, et Kléber Mesquida, le président du département de l’Héraut. Trois voix à l’unisson pour marquer leur opposition à l’alliance en discussion entre le Parti socialiste et la France insoumise en vue des élections législatives.
Premier geste d’opposition : le triple soutien à une candidate « du territoire » dans la deuxième circonscription de l’Hérault (les quartiers populaires à l’ouest de Montpellier). Dans ce secteur qui court de la Paillarde à Plan Cabane, Fatima Bellaredj fera donc face à un candidat de l’Union populaire écologique et social, l’alliance négociée entre la France insoumise, Europe écologie les Verts, le Parti communiste et en discussions avec le Parti socialiste.
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« Je ne suis pas de la gauche de la tambouille »
Une candidature de fronde donc, voire une déclaration de guerre avec les instances socialistes. Michaël Delafosse le martèle : « Je ne suis pas de la gauche de la tambouille et des appareils politiques. » Le maire socialiste précise qu’il n’a « aucune intention de se soumettre à une _décision prise à Paris qui conduit à une alliance contre nature à Montpellier_. »
Une ligne partagée par Carole Delga. La présidente de la région Occitanie a répété qu’elle ne pouvait « cautionner un projet d’alliance dans lequel le parti socialiste (n’obtiendrait) que 6 circonscriptions sur 49 en Occitanie. Dont aucune dans l’Hérault. Et ce alors que le PS dirige la septième ville de France, le département et la région. »
« Si l’appareil du PS veut décider pour Montpellier, il me trouvera sur son chemin » – Michaël Delafosse
Pour le maire de Montpellier comme la présidente de région, l’alliance avec la France insoumise est impossible sans une discussion large sur les valeurs. « J’ai des convictions et je n’entends pas les renier. Comme socialiste, je crois à l’Europe, je combats les formes extrémistes dans le débat démocratique. Sur la vaccination par exemple, il fallait être sur la clarté plutôt que de cultiver des ambiguïtés, comme en Outre mer. », détaille Michaël Delafosse. Et de conclure : « Si l’appareil du PS veut décider pour Montpellier, il me trouvera sur son chemin. »
« La France insoumise s’est disqualifiée à Montpellier »
Ce discours de résistance prend un écho particulier au sein du conseil municipal et métropolitain de Montpellier. Des assemblées dans lesquelles la majorité PS-EELV fait face à une l’opposition du groupe Nous sommes, soutien de la France insoumise. Une situation politique qui s’apparente à une brèche irrémédiable dans les propos de Michaël Delafosse : « La France insoumise, en s’alliant avec (le milliardaire, ndlr) Mohed Altrad, s’est disqualifiée à Montpellier. En votant contre la gratuité des transports, elle se disqualifie. »
Quant à son devenir au sein du PS, le maire de Montpellier ne compte pas rendre sa carte et « si l’appareil socialiste veut m’exclure grand bien lui fasse ».
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