Ça a tout l’air d’une fronde des barons socialistes d’Hérault et d’Occitanie, sans le dire. Kléber Mesquida et Carole Delga ont annoncé, ce mercredi 4 mai, leur soutien à trois candidats « des territoires » pour les élections législatives. Des candidats étiquette « majorité départementale » et non PS. Une manière de s’opposer à la probable signature d’une alliance entre le Parti socialiste et l’Union populaire écologique et sociale emmenée par la France insoumise.
Ces 3 candidats partagent le point commun d’être élus au niveau local :
- 4ème circonscription (Lodève, Mèze, Saint-Mathieu de Tréviers, Ganges) : Philippe Salasc, le maire d’Aniane.
- 5ème circonscription (Clermont l’Hérault, Saint-Pons de Tomières) : Aurélien Manenc, vice-président de la communauté de commune du Grand Orb.
- 7ème circonscription (Sète, Agde, Pézenas) : Julie Garcin Saudo, adjointe au maire de Pézenas.
Un casting censé dénoter avec les stratégies de partis réfléchies à Paris selon Kléber Mesquida.
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Aucun candidat PS dans l’Hérault
« Ça montre que j’ai été clairvoyant », se satisfait le président de l’Hérault après avoir consulté la répartition des circonscriptions négociée entre les socialistes et les insoumis. Dans le projet d’alliance, 70 candidatures sur 577 reviendraient aux PS. Six en Occitanie et zéro dans l’Hérault.
« Je n’avais pas imaginé qu’on en arriverais là », tacle Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie. « 0 candidat sur 9 circonscriptions… dans un département où vous avez un président de métropole socialiste (Michaël Delafosse, ndlr), un président de département socialiste (Kléber Mesquida, ndlr) et une présidente de région socialiste (elle-même, ndlr). Moi je suis pour l’union de la gauche mais à condition d’avoir une juste représentation. »
« Avant de faire l’union de la gauche il faut de la clarté sur les valeurs »
Carole Delga justifie ce soutien hors du parti par la nature des dernières discussions : « Sur la question des programme, il y a des valeurs qui sont essentielles : on ne peut pas se mettre d’accord sans avoir discuté de la question de l’Europe, de la République ou du nucléaire. Avant de faire l’union de la gauche il faut de la clarté sur les valeurs. »
Cette divergence devrait faire date. Kléber Mesquida prédit que le PS ne renaîtra qu’au travers d’une « refondation » autour de ses valeurs cardinales. En attendant, d’autres présidents de départements s’apprêtent à leur tour à fronder. Notamment le Tarn, l’Ariège, les Hautes Pyrénées et le Lot.
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