Catherine Brusq, de l’Union CGT biterroise : « Des salariés pas syndiqués viennent nous voir, ils en ont marre »

Catherine Brusq est secrétaire de l’Union locale CGT biterroise.

Quels sont les conflits qui touchent actuellement le monde du travail dans le Biterrois ?

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Il y a en ce moment une grève à RTE, le réseau transport d’électricité, c’est la filiale d’EDF depuis qu’il y a eu l’ouverture à la concurrence. Je travaille à RTE, mais à l’ingénierie, et les collègues qui sont à la maintenance ont entamé un mouvement social tournant fin février. Les revendications portent au niveau local sur leurs conditions de travail mais aussi, de façon plus générale, sur la revalorisation salariale.

On le sait dans toutes les entreprises vu l’inflation qu’on rencontre aujourd’hui, les revendications portent beaucoup sur les augmentations de salaires. Il faut savoir que sur Enedis, Engie, RTE, c’est le même groupe, il y a une grille salariale qui est gelée depuis dix ans. En fait, quand des nouveaux sont embauchés, ils sont rémunérés au niveau 4 parce que la 1, la 2 et la 3 sont en dessous du Smic.

Sauf que c’est quand même des salariés qui ont une spécificité et une technicité particulières. Ils sont amenés à travailler sur le réseau sans même qu’il ait eu des coupures. Cette compétence, aujourd’hui, elle n’est même plus reconnue. Le 12 mai, il est prévu une réunion au niveau national sur les revalorisations salariales dans la branche.

La CGT est seule sur ce conflit ?

Pour l’instant, sur le conflit de RTE, il n’y a que la CGT. Mais, si les négociations au niveau de la branche des IEG, les industries électriques et gazières, ne répondent pas aux attentes des salariés, il va y avoir une grève plus dure suivie par l’ensemble des salariés et l’ensemble des organisations syndicales. Ce qui est rare. C’est un conflit qui s’installe et qui risque de s’amplifier.

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Est-ce qu’il y a d’autres mouvements sociaux sur le Biterrois ?

C’est larvé. C’est révélateur quand même. Ce sont des entreprises où il n’y avait jamais eu d’organisation syndicale, jamais eu de conflits. Les salariés viennent nous voir, même pas syndiqués, ils en ont marre, ils veulent tout faire péter. Ils veulent faire grève mais ils ne savent même pas comment on fait.

Même nous, parfois, on est obligé de leur dire qu’il y a un ordre. D’abord on essaye de revendiquer, de négocier et on fait grève au bout du bout. Ce sont des gens qui ne sont pas du tout organisés. Je ne donne pas de noms parce que ce sont des salariés qui n’ont aucun mandat, qui ne sont pas protégés et ils risquent d’être renvoyés avant même les élections des représentants du personnel. Ils se souviennent qu’ils ont tous voté en short et les résultats ont été déclarés fin décembre. Lorsque les salariés ne s’occupent pas de leurs affaires et bien le patron ne s’en occupe pas à leur place.

Lorsque les salariés ne s’occupent pas de leurs affaires, le patron ne s’en occupe pas à leur place

Ce sont des mouvements hors syndicat ?

Oui, ce sont des gens qui en ont ras-le-bol et qui du coup viennent nous voir parce qu’ils se rendent compte qu’ils ne savent pas se défendre. Il y en a plusieurs des entreprises dans ce cas-là.

Quelles vont être les grandes revendications de ce 1er Mai ?

La mobilisation se fait sur les salaires, les retraites, l’emploi, l’avenir de la planète, sur la paix aussi. Le mouvement syndical est fidèle à sa tradition internationaliste. Nous sommes solidaires avec le peuple ukrainien et au-delà avec tous les peuples qui sont victimes des guerres. Il faut accueillir dignement les réfugiés quels qu’ils soient. Pour nous le repli identitaire, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme sont des valeurs contraires à celles de la CGT.

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Les salaires et les retraites sont au centre des préoccupations.

Par rapport à l’inflation, il faut quand même que l’on puisse vivre dignement. Et nous allons être obligés de retourner dans la rue après le 1er Mai pour combattre la réforme des retraites. Mais aussi pour conserver une protection sociale de haut niveau. Parce que les candidats qui ont annoncé pouvoir augmenter les salaires mais sans les cotisations sociales, nous, on dit « surtout pas, ce n’est pas une bonne idée ».

S’il n’y a plus de cotisations sociales cela voudra dire qu’il faudra prendre une assurance privée pour pouvoir se soigner. On sait dans les pays où c’est le cas, comment les gens peuvent ou ne peuvent plus se soigner. Et les cotisations sociales, c’est aussi les retraites. C’est tout le social, c’est important.

Une intersyndicale pour le 1er Mai

C’est un appel intersyndical qui est lancé pour ce défilé du 1er Mai. La CGT, FSU, Solidaire, l’Unsa et la CFDT manifesteront ensemble ce dimanche. Le rendez-vous est fixé à 10 h 30 devant la Bourse du travail, boulevard FrédéricMistral.

Après les prises de parole sur la place David-d’Angers, le cortège remontera l’avenue SaintSaëns pour rejoindre les Allées, puis reviendra par l’avenue Clemenceau. La souspréfecture sera évitée en raison des travaux sur la place De-Gaulle.

La mobilisation concerne la situation économique et sociale marquée « par l’aggravation des inégalités, de la précarité et par la crise écologique ». Elle se veut forte également « pour lutter contre les semeurs de haine » et ce 1er Mai sera placé sous le signe de la solidarité avec le peuple ukrainien et tous les peuples victimes de guerre.

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https://www.midilibre.fr/2022/04/30/catherine-brusq-de-lunion-cgt-biterroise-des-salaries-pas-syndiques-viennent-nous-voir-ils-en-ont-marre-10267585.php

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