Incarcéré depuis le drame, le conducteur a demandé mardi 12 avril sa remise en liberté devant la cour d’appel de Montpellier.
« L’un des témoins dit que les victimes ont été projetées à plus de cinquante mètres, comme des poupées de chiffon. » Ce mardi 12 avril, la cour d’appel de Montpellier revient sur le terrible accident survenu dans la nuit du 7 au 8 août dernier à Béziers, où deux sœurs, chacune mère de trois enfants, ont trouvé la mort en traversant le boulevard Kennedy.
Le chauffard qui les a percutées et qui est depuis derrière les barreaux, a demandé à être remis en liberté. Et le président d’audience de la chambre d’instruction rappelle les circonstances si particulières de ce drame. « Vous aviez 0,83 mg d’alcool par litre d’air expiré, ce qui est plus de deux fois la norme autorisée. Les policiers notent une très forte odeur d’alcool dans le Citroën Berlingo que vous conduisiez. Il n’y a pas de visionnage de l’accident, mais sur les images le précédant vos feux sont éteints, vous roulez à gauche et vous vous déportez sur la ligne blanche. Les témoins décrivent une conduite démente et très rapide de votre part, entre 80 et 100 km/h, et disent qu’ils ont dû s’écarter pour éviter un choc.«
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Une intensité de choc très importante
À cet instant, Marie-Françoise et Geneviève, deux sœurs qui fêtent ce soir-là l’anniversaire de la cadette, et sortent du restaurant, traversent ce boulevard où les voitures vont souvent trop vite. « Les automobilistes témoins ont dit avoir été dépassés par la gauche puis ont entendu le choc. Le compte rendu de l’autopsie est terrible, je vais simplement dire qu’elles sont décédées de polytraumatismes à haute cinétique » dit le magistrat. « Le rapport d’accidentologie du 2 février dernier relève une intensité de choc très importante et précise qu’il les a percutées sans avoir ralenti, les projetant à 33 mètres pour l’une et 47 mètres pour l’autre. »
Des traces de cannabis
Ce soir-là, l’automobiliste avait passé plusieurs heures au District, un bar où il aurait ses habitudes. « Selon le gérant il paraissait excessivement joyeux, et il n’exclut pas une prise de produits stupéfiants ». Des traces de cannabis ont par la suite été relevées sur le chauffard.
« Ces deux sœurs ont trouvé la mort dans des conditions horribles parce qu’il a fait fi de toutes les obligations de prudence » note l’avocate générale, qui s’oppose à toute libération.
« Il est rongé par la culpabilité, il en fait encore des cauchemars, il sait que son comportement a été au-delà de tout ce qui est permis d’entendre. Nous ne sommes pas là pour contester cette gravité, il y a une famille en deuil. Il fait appel parce que sa vie ne se résume pas à ce dramatique accident » réplique Me Anthony Caniez, en défense. « Je compte montrer une autre image de moi, mais je sais très bien que je risque de rentrer à nouveau en prison au jugement » précise le conducteur. Décision le 19 avril.
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