Les palmiers en pot viennent tout juste d’être livrés. Les transats sont encore emballés. La terrasse est encore en morceaux. L’installation de La voile rouge prend forme, mais accuse un retard conséquent. « Au moins 20 jours », estime Élodie Moran, la gérante de cette paillote. L’année dernière, c’est à l’autre bout du lido de Sète qu’elle installait ses cabanons. Pour se conformer à la loi littoral, son restaurant de plage a dû déménager.
Comme elle, 3 paillotes changent d’emplacement cette année à Sète. Elles se répartissaient jusque-là sur les 14 km de plage. Désormais, les 7 établissements sont ramassés sur seulement 2 km. L’essentiel du lido étant à présent considéré comme une « zone naturelle » à protéger selon un décret gouvernemental de mai 2019.
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Trouver sa place
Pour Élodie Moran, le prochain défi est de relier sa paillote au réseau électrique. « Le compteur électrique sur mon nouvel emplacement n’était pas adapté pour alimenter un bar-restaurant, ce qui suppose un gros voltage », explique-t-elle.
A quelques pas, la paillote de Claude Herzog est en revanche fin prête. Comme à son habitude, il ouvre avant tous les autres, le 1er avril. Mais après 23 étés les pieds dans le sable, il craint que la concurrence ne soit plus féroce cette année : « En début de saison ce sera surement un peu plus compliqué. » L’explication tient au fait qu’avant « c’était plus espacé, maintenant il y a une paillote tous les 300 mètres ». Aucun doute, en revanche, concernant la saison estivale : « il y aura du travail pour tout le monde à ce moment-là ».
Chez les Sétois, la nouvelle répartition divise. D’un côté les adeptes d’une plage revenue à l’état naturel sur plusieurs kilomètres. De l’autre, les amateurs des anciennes paillotes « très nature » et « intimistes », comme Christa, une Belge récemment installée à Sète. Sans oublier les riverains du nouveau secteur des paillotes, comme Thierry (61 ans) qui s‘interroge sur le stationnement : « Comment vont faire tous les clients des paillotes pour se garer ? »
Des plages moins entretenues ?
A la mairie de Sète, on subit autant qu’on se conforme au décret du gouvernement. « Il a été fait par des gens qui ne connaissent pas notre littoral », retoque Francis Hernandez, l’adjoint au maire de Sète en charge du littoral. Selon lui, le déplacement des paillotes pourrait s’accompagner d’un moins bon entretien du lido : « J’entends bien l’argument de la protection de la nature. Mais les plagistes font l’entretien de leur plage tous les jours. Là, il n’y en aura plus. »
Il redoute que des dépôts sauvages ne se créent sur les zones classées comme « naturelles ». Des déchets que devront dès lors ramasser les services de la ville.
La moitié des paillotes de l’Hérault concernées
Si cette réorganisation commence à Sète, c’est parce que la ville est la première de l’Hérault à renouveler ses concessions depuis la parution du décret. Pour apaiser les craintes suscitées par l’annonce, à la fin de la saison 2021, une dérogation a été accordée aux exploitants de paillote. Tous bénéficient d’une autorisation temporaire d’occupation (OTA). En clair, d’un droit de garder un emplacement un an de plus, avant de repasser l’appel d’offre décennal fin 2022.
L’année prochaine, ce sera au tour d’Agde et de Vendres de mettre en application cette nouvelle réglementation.
A terme, c’est presque la moitié des paillotes de notre littoral (36 sur 79) qui seront contraintes de déménager.
Les prochaines ouvertures de paillotes
Après Sète, les ouvertures de paillotes vont s’échelonner tout au long du printemps. Voici les dates des ouvertures par commune, d’ouest en est :
- Valras : 1er juin
- Agde : mi-avril (week-end de Pâques)
- Sète : 1er avril
- Palavas : mi-avril (week-end de Pâques)
- Grande Motte : 1er mai
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