Quand elle a été contaminée par le Covid 19 en décembre dernier, Sandra, 38 ans, ne s’attendait pas à retrouver le goût et l’odorat seulement trois mois plus tard. Pourtant, après deux mois d’anosmie (perte totale de l’odorat), son état de santé empire et une parosmie (déformation de l’odorat) se déclenche. « J’avais une odeur d’ordures brûlées et d’ammoniaque dans le nez, en permanence. C’était horrible à vivre au quotidien. Je suis allée me renseigner sur YouTube et j’ai vu que des gens avaient réussi à s’en sortir grâce à la cryothérapie. » Sandra a ensuite rapidement pris rendez-vous chez Cryomed pour tenter la thérapie par le froid.
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Le centre médical connaît depuis quelques mois une augmentation du nombre de patients qui consultent pour des symptômes déclenchés depuis leur contamination au Covid 19. Pour Elodie Rubio, cryothérapeute, cette augmentation est liée à la publication d’une étude du centre hospitalier universitaire et de l’université de Reims, sur les bienfaits de la cryothérapie pour lutter contre la perte d’odorat. « C’est là qu’on a commencé à voir arriver des personnes en post-covid, surtout pour des problèmes d’anosmie et parosmie. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on a recopié au pied de la lettre le protocole qui avait été mis en place à Reims. »
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Autoévaluer son odorat entre 0 et 10
En arrivant au centre, les cryothérapeutes évaluent l’état de santé général du patient, pour vérifier les possibles contre-indications respiratoires, cardiaques, cardiovasculaires ou de tension. Le patient doit ensuite auto-évaluer son niveau actuel d’odorat entre 0 et 10, 10 ne représentant pas un odorat parfait mais son odorat pré-maladie. « On leur demande aussi s’ils ont une parosmie, par exemple le fait que la transpiration sente l’oignon, ou que le chocolat sente le brûlé », explique Elodie Rubio.
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5 minutes à -90 degrés
Le protocole de soins est simple : minimum cinq séances consécutives, une par jour pendant cinq jours. Les séances durent entre trois et cinq minutes, le corps entier dans une pièce à -90 degrés environ. L’exposition au froid intense aurait un impact positif sur les malades, comme l’explique Romain Raulet-Orfanotti, co-gérant de Cryomed et kinésithérapeute de profession : « Le corps perçoit une sorte d’agression quand on rentre dans la machine, et il va se défendre en mettant en place des mécanismes de survie, notamment une libération de cortisol. Ce cortisol va diminuer toutes les inflammations dans le corps ».
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A Cryomed, 52 personnes sont déjà venues pour des séances de cryothérapie afin de retrouver l’odorat. Le centre se charge ensuite de rappeler les patients entre 4 et 6 semaines après leur dernière séance pour constater les résultats définitifs. Parmi eux, 28 présentent une nette amélioration de l’odorat et du goût, 4 n’ont pas constaté d’amélioration, et les 20 personnes restantes n’ont pas communiqué les suites de leurs soins.
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