Comment mieux protéger les maires face à la violence de certains administrés ? C’est l’un des sujets abordés par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti pendant ses deux jours de visite dans l’Hérault. Jeudi soir, il a échangé, pendant plus d’une heure, avec 150 élus du département de l’Hérault qui lui ont raconté, pour certains, le harcèlement ou les agressions auxquels ils sont confrontés.
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« Le maître-mot, c’est le respect »
Le ministre les a assurés de son plein soutien. Il promet une nouvelle circulaire, dans les prochaines semaines, pour mieux les protéger. « Je veux demander aux procureurs généraux, dans le cadre de cette circulaire, de faire en sorte que ceux qui ont commis des agressions envers les élus puissent être écartés, éloignés de la commune où ils ont commis ces infractions. Ça me paraît essentiel. Une fois que la justice a fait son œuvre, se retrouver en présence de celui qui est venu gratuitement m’agresser, c’est extrêmement difficile et c’est une réalité. Le respect, c’est le maître-mot. Et quand le respect n’est pas au rendez-vous, la loi est là pour rappeler un certain nombre de choses.«
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Depuis le début de l’année 2023, il y a eu huit cas signalés d’agressions de maire dans l’Hérault, pour la plupart verbales. À l’occasion de cette rencontre avec le ministre de la Justice, plusieurs élus ont raconté leur calvaire. Sylvie Toluafe est maire de Carlencas-et-Levas, un village de 150 habitants entre Bédarieux et Clermont-l’Hérault. Elle et sa famille font face depuis trois ans à une dizaine de personnes, dont certaines sont élues de l’opposition.
« On tiendra malgré tout »
« Nous subissons le harcèlement dans les conseils municipaux où on a été obligé, suite à des menaces et des insultes, de ne plus mettre des questions à l’ordre du jour. Toutes les années, nous organisions des marchés de producteurs et lors d’un marché de producteurs, suite à une incartade de plusieurs personnes, il y a eu des coups qui ont été portés et donc une des protagonistes est venue me taper et m’a donné un coup-de-poing au niveau du visage. Mais non, je n’ai pas envisagé d’arrêter. On tient absolument la barre et on tiendra jusqu’au bout. »
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Le ministre finit sa visite dans l’Hérault ce matin, il sera présent aux 36es assises nationales de l’association France Victimes, avant de rencontrer des magistrats et greffiers à la cité judiciaire de Montpellier.
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