« Le boulevard de la drogue” : le quartier de La Devèze à Béziers, de la “belle de jour” aux trafics à la nuit tombée

Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 mai, La Devèze, à Béziers, a vécu de grandes violences. Phénomène isolé ou climat d’insécurité ?Qu’en pensent les habitants et les acteurs du quartier ? Reportage.

Ils sont nombreux, le mardi, à se rendre au bout de la rue Balmat, à La Devèze, à Béziers, pour le marché hebdomadaire. Sacs à main à 6 €, paire de chaussures à 8 €, djellaba à 15 €… Les prix, imbattables, attirent le chaland. Mais pas que…

Découvrir La Tenue des Pros

Soraya et son amie Imane, la bonne cinquantaine toutes deux, ne ratent jamais le marché. « On adore, c’est notre sortie, on papote, on se donne des nouvelles, et on trouve toujours un petit quelque chose à rapporter. Aujourd’hui, je me suis acheté un foulard ! », sourit Imane.

Un quartier « apprécié »

À la question “Que pensez-vous de votre quartier, y fait-il bon vivre ?”, comme ces deux femmes d’origine marocaine, toutes les personnes interrogées au marché et plus loin, aux halles, clients et commerçants, habitants ou travaillant dans la zone, répondent « apprécier » y vivre et s’y « sentir bien ».

La plupart n’étaient même pas au courant que la semaine dernière, dans la nuit du 4 au 5 mai, des individus ont commis des violences urbaines (notre édition du 6 mai), entachant encore plus l’image d’une Devèze à deux visages, en quelque sorte, une “belle de jour” et une “belle de nuit”… pas si belle car rongée par les incivilités et la délinquance.

PLUS INFO  "J'aimerais que les débats soient respectueux" : projet de loi sur la fin de vie, l'association pour le Droit à Mourir dans la Dignité porte la voix des patients à l’Assemblée nationale

« Une majorité prisonnière d’une minorité  »

Est-ce vrai pour autant ? Oui et non à la fois. Comme s’accordent à dire les acteurs de la sécurité du quartier que sont la police municipale, par la voix de son directeur, Fabrice Cantèle, et la police nationale, par celle de Fabrice Aebi, secrétaire départemental de l’Unité SGP Police FO 34 : « La très grande majorité des habitants souhaite, tout simplement, vivre tranquillement ».

« L’épicentre du trafic de drogue »

Le maire de Béziers, Robert Ménard, donne, lui aussi, des éléments, montrant que « la délinquance liée au trafic de drogue se développe dans le quartier, la rue Franco étant l’épicentre du trafic de drogue dans le quartier, et la Grande Devèze étant l’épicentre du trafic de drogue sur Béziers. Les polices sur place, nationale et municipale, le constatent. Les violences du jeudi 4 au vendredi 5 mai, la destruction régulière des caméras de vidéosurveillance, les incendies de poubelles, les déchets répandus sur la voie publique, les agents de la Ville qui nettoient et sont souvent menacés, parce qu’ils dérangent ces individus… Tout cela est lié au trafic de drogue dans ce quartier, où, je le rappelle, 98 % des habitants veulent vivre en paix. »

Le premier magistrat biterrois ajoute : « Quand on fait une carte des arrestations, des heurts et autres faits de délinquance, je vous assure que c’est toujours La Devèze qui est en tête. »

Un trafic de drogue établi

Et le représentant syndical de préciser : « Oui, il y a bien deux Devèze. La première, c’est celle qui travaille, qui va à l’école, au marché, etc. C’est la très grande majorité des gens prisonniers d’une minorité, la deuxième Devèze, qui établit le trafic de drogue, notamment sur le haut du quartier, celui qui n’a pas encore été réhabilité. » Soit, selon nos informations, un “boulevard de la drogue” comme le surnomment certains Biterrois, qui irait de la résidence Le Triangle (construite à la place de l’ancienne barre de Capendeguy) à la zone surnommée “La Dalle”, à savoir le site autour du petit centre commercial.

PLUS INFO  Violente sortie de route au milieu de la nuit : deux jeunes piégés dans leur voiture au milieu d'une rivière

Même vision du quartier pour le chef de la police municipale, qui parle d’une « poignée d’individus qui veut se privatiser la voie pour y exercer un commerce illégal au détriment d’une très grande majorité d’habitants qui voudrait profiter du quartier. »

« Les appels de riverains excédés »

Il précise : « J’en ai pour preuve les appels de riverains excédés qui nous parviennent au poste de commandement, nous demandant de ne rien lâcher, d’être présents. Ou les problèmes d’incivilités et de délinquance dénoncés sur la plateforme Post office. »

La mère interpellée le 4 mai conteste les faits qui lui sont reprochés

À la suite de l’article sur les violences urbaines qu’a connues le quartier de La Devèze dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 mai, Me Florian Médico, avocat qui défend la mère de famille de 56 ans interpellée, mise en examen pour détention de produit stupéfiant et non justification de ressource, et placée en détention provisoire, qui serait à l’origine des vilences, de tient à préciser : « Ma cliente conteste les faits reprochés. J’ai de sérieux éléments qui viennent appuyer sa position. Je mets tout en œuvre pour faire respecter ses droits. Je souhaite que l’autorité judiciaire puisse avancer sereinement sur le dossier. Et je rappelle qu’elle bénéficie de la présomption d’innocence comme tout justiciable. »

Le fils de la quinquagénaire est toujours recherché par la police.

Mais les riverains rencontrés ce mardi ne parlent pas de cette délinquance. Est-ce par crainte ? Est-ce parce qu’ils préfèrent voir le verre à moitié plein ? Le directeur de la police municipale, dont six agents sont « en patrouille préventive » tous les jours, et donc au contact de la population, n’hésite pas : « Les gens ont peur. La brigade Devèze est interpellée régulièrement. Oui, en matière de trafic de drogue, La Devèze est le plus gros point noir de la ville, on peut le dire. »

PLUS INFO  L'État organise une opération de communication autour du contrôle d'un négociant en vins

Une étude est en cours, menée par la municipalité, pour sécuriser la zone du commissariat mixte, afin d’éviter, comme ce qu’il s’est passé dans la nuit du 4 au 5 mai, les voitures béliers.

https://www.midilibre.fr/2023/05/10/beziers-la-deveze-la-belle-de-jour-devient-lieu-de-trafics-a-la-nuit-tombee-11186226.php

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

XV de France – Matthieu Jalibert appelé et Romain Ntamack pressenti dans la liste des 42 joueurs sélectionnés avec les Bleus pour le Championnat...

Matthieu Jalibert va bien faire partie de la liste des 42 joueurs mobilisés avec le XV de France pour disputer le Championnat des nations cet été. Le Bordelais-Béglais pourrait être en concurrence avec Romain Ntamack,...

Drame de la route : il finit dans un fossé, un homme meurt après un malaise au volant malgré l’intervention des secours

Un accident mortel s’est produit ce vendredi 19 juin 2026 à Villepinte, dans l’Aude. Un camion seul en cause a terminé sa course dans un fossé sur la route de Castelnaudary. Le conducteur, en arrêt cardio-respiratoire, est décédé malgré l’intervention des secours.

CAP – Maintenance des véhicules option : véhicules légers- ALES – Formation Gard – Alès

- Réaliser la maintenance de premier niveau sur des véhicules particuliers - Remplacer les ensembles et sous-ensembles en autonomie - Remplacer les organes sur circuits électriques, hydrauliques et pneumatiques et effectuer les contrôles - Remplacer les éléments courants et effectuer les réglages de base

« Il est important de se connecter à ses racines » : Christophe Chollet, le directeur de l’association ASBH, dresse le bilan sportif de la saison écoulée

L’association ASBH, pilier du rugby biterrois depuis 1911, fédère plus de 700 licenciés et neuf salariés. Entre montée en Élite des Espoirs et nouveau projet 2026-2030, elle veut relancer la formation.