Pro D2 : Marco Pinto-Ferrer peut quitter le pré de Béziers la tête haute

Le talonneur qui est arrivé il y a onze ans, à l’ASBH, dispute, ce vendredi 5 mai, face à Agen, son 218e match avec Béziers, ce club qui lui a tant apporté et pour qui il a toujours tout donné.

Il ne veut pas mentir, se mentir. Alors, ce vendredi 5 mai, au stade Raoul-Barrière, à la fin du match contre Agen, Marco Pinto-Ferrer raccrochera ses crampons. Définitivement. Sans regret : « Je suis au bout, souffle-t-il en cette fin de matinée ensoleillée, installé sur la terrasse de la maison qu’il a bâtie, à Colombiers. J’arrête simplement de jouer au rugby, ma passion, mon travail. Je ne vais pas essayer de gratter une année supplémentaire. Mentalement et physiquement, je suis usé. Béziers m’a tout donné. Je suis arrivé en France il y a 18 ans et cela fait 11 ans que je suis à l’ASBH. Je ne veux pas faire l’année de trop, décevoir les gens. C’est certain, c’est difficile. Mais il est tellement bien de pouvoir choisir soi-même la fin de sa carrière… » 

À 35 ans, le talonneur aurait pu chausser ses crampons chez les amateurs. Mais non. Il le martèle : « Je joue à Béziers, dans mon club, pas ailleurs ! » Pas question, non plus, de rentrer à Barcelone, d’où il est originaire : « Je vais passer toute ma vie ici, à Colombiers, assure-t-il avec détermination. J’ai l’existence parfaite. Bien entendu, le rugby va me manquer puisque cela fait 20 ans que je ne fais que ça. Mais place à la nouvelle génération. Le numéro 2 du maillot de Béziers n’est pas à moi ! »

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« Quand on joue avec le feu, on finit par se brûler »

Marco Pinto-Ferrer a disputé 218 matches avec l’ASBH. Il sait très bien qu’il n’a pas toujours fait l’unanimité. Certains (souvent les mêmes qui l’encensaient quelques matches plus tôt…) lui ont d’ailleurs souvent reproché son agressivité sur les terrains, le fait d’avoir pris des cartons. Il assume : « J’ai toujours priorisé le club avant moi, sourit-il. Tout ce que j’ai, c’est grâce à Béziers. On m’a collé l’image de celui qui prend des cartons. Mais mon rôle a toujours été de montrer qu’on est là, bien présent sur le terrain. Alors, quand on joue avec le feu, que l’on est à la limite, on finit toujours par se brûler ! Mon objectif était de disputer 200 matches dans ma carrière. J’en ai joué plus. J’ai la conscience tranquille. J’ai vraiment partagé des moments inoubliables avec notre public. Oui, certains m’ont incendié. Mais cela fait partie du jeu. J’ai toujours fait avec mes moyens. Je ne pense pas avoir triché. » Terminé aussi pour Marco le rugby international avec l’équipe d’Espagne. Il a tiré un trait sur ses sélections, suite à l’élimination, sur tapis vert (un joueur n’était pas éligible à sa sélection), de sa formation qui était en course pour les qualifications pour la coupe du monde. Cet épisode l’a profondément déçu, estimant qu’un tel incident n’aurait jamais dû arriver…

« Chico Fernandes, c’est un exemple »

Depuis déjà des années, le talonneur qui entend vouloir encore « transmettre (sa) passion du rugby » a songé à sa reconversion. Il s’est associé avec son ancien coéquipier, le deuxième ligne Benjamin Desroches. Ils ont une société qui vend des oliviers et des palmiers d’ornement. De quoi voir venir cet après rugby, où il pourra aussi se consacrer un peu plus à Martina, 8 ans et Marc, 5 ans, ses deux enfants.

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Il espère aussi continuer à voir ses amis, notamment Francisco Fernandes, le rugbyman qui l’a le plus marqué lors de sa carrière : « C’est un exemple, souffle-t-il. Des joueurs, j’en ai vu des centaines. Mais comme lui, non. Il n’est jamais blessé, il est présent à tous les entraînements, il joue quasiment toutes les rencontres. »

À la fin de cette carrière, on ne peut plus remplie, le talonneur ne va pas pour autant rester oisif. Il continuera à faire du sport chez Prépa élite concept, la salle de sport de son pote, l’ex demi de mêlée Thibaut Bisman. Mais en attendant, ce vendredi 5 mai, une dernière fois, il se signera en entrant sur le pré de Raoul-Barrière. Où, face à Agen, comme il le fait chaque fois, avec abnégation et engagement, il essayera de donner le meilleur de lui-même. Avec la fierté de porter ce maillot rouge et bleu qui restera à jamais gravé dans son cœur.

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