Huit personnes en situation irrégulière se sont évadées du centre de rétention administrative (CRA) de Sète (Hérault), vers 4 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche 2 avril 2023. Le syndicat Unité SGP Police FO explique qu’une porte déjà défaillante a été fragilisée par les violentes rafales de vent cette nuit-là. Il s’agit d’individus sortant de prison et placés en centre de rétention dans l’attente de leur reconduite dans leur pays d’origine.
Deux hommes ont été interpellés immédiatement, et un troisième a été arrêté un peu plus tard à Agde dans un véhicule volé, mais cinq autres sont toujours dans la nature. Le syndicat Unité SGP Police FO déplore les effectifs insuffisants et des conditions de rétention extrêmement tendues.
Locaux inadaptés et sous-effectifs
« Les locaux ne sont pas adaptés« , explique Fabrice Aebi, secrétaire départemental adjoint du syndicat. « On augmente la capacité des CRA au maximum, sans pour autant mettre toutes les conditions nécessaires pour recevoir ces individus. Si on augmente le nombre de retenus, il faudrait augmenter le nombre de policiers pour les surveiller dans de bonnes conditions. Et toutes les conditions de sécurité ne sont pas réunies. La preuve, ils ont pu s’échapper, ils ont poussé et la porte s’est ouverte.«
Cette nuit-là, le CRA compte cinq policiers pour 22 retenus. « Et ce n’est plus la même population qu’il y a quatre ou cinq ans« , avertit Fabrice Aebi. « Aujourd’hui, les retenus sont souvent des sortants de prison, donc des délinquants qui sont placés en centre de rétention dans l’attente de la reconduite à la frontière. Ils sont, pour la plupart, violents et n’ont pas peur d’en découdre avec les policiers », estime-t-il.
« Donc la situation dans les centres de rétention est de plus en plus tendue« , dit-il, rappelant la mutinerie au commissariat de Sète cet hiver, à cause du manque d’eau chaude. « La moindre petite étincelle peut mettre le feu aux poudres. Ça va très vite.«
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