Ils sont peu à avoir gravi l’Everest. Mais, si elle y parvient, le nom de Fabienne Sicot-Personnic sera sans doute de ceux qui restera gravé. À 38 ans, cette mère de trois enfants démarre ce lundi son périple. Elle rejoint le Népal, avant d’entamer l’ascension du toit du monde à la mi-avril.
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Deux pathologies, et une envie
Déjà, il faut beaucoup de courage et d’abnégation à ceux qui entreprennent pareil périple. Mais Fabienne doit en montrer encore plus. L’Héraultaise, infirmière au CHU de Montpellier, a « deux colocataires« , comme elle les appelle.
L’ostéogenèse imparfaite
, dite la maladie des os de verre, détectée plutôt sur le tard, et qui créée des fractures spontanées. Et la spondylarthrite ankylosante
, qui amène des douleurs chroniques aux articulations.
Et c’est justement un nouveau diagnostic qui a réveillé une passion de jeunesse chez Fabienne. « Un énième diagnostic mettait en péril mon autonomie à moyen/long-terme. Il était important pour moi de revenir aux choses qui me parlent, et ma passion de l’alpinisme est revenue plein pot.«
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L’entraînement et la pratique comme remèdes
Pas le temps pour des regrets, pas envie de regarder le rétroviseur en ayant l’impression d’avoir laissé quelque chose derrière soi : Fabienne rechausse ses chaussures d’alpinisme, et s’entraîne assidument. Objectif l’Everest. Avec, déjà, le Mont-Blanc, escaladé à l’été 2022.
Les médecins donnent leur accord, convaincue par les arguments, et les faits avancés par celle qui se fait surnommer le « Piolet de verre »
. « La préparation physique que j’ai eu pour pouvoir tenter cette ascension m’a permis d’augmenter ma musculature, et de renforcer mes articulations. Finalement, c’est un mal pour un bien : ma préparation a commencé il y a deux ans, et cela fait un an et demi que je n’ai pas eu de fractures.«
« Le risque zéro n’existe pas »
Le périple est préparé dans les moindres détails. Tout est étudié. Grimper l’Everest est déjà risqué pour n’importe qui. Même si elle s’est renforcée, qu’elle est sportive, qu’elle a déjà pratiqué l’alpinisme, n’est-ce pas trop gros pour Fabienne et ses « deux colocataires » ?
« Le risque zéro n’existe pas » reconnaît l’Héraultaise. « Mais je pense qu’il y a moins de risque pour moi à partir là-bas en ayant conscience de l’entièreté des risques sur place, plutôt que dans la vie de tous les jours ici. Il suffit que l’on croise quelqu’un qui sorte de la route, et c’est fini…Mais j’ai pris une bonne assurance quand même ! (rires)«
« Elle a cette force en elle… »
Entre les trajets et le matériel, le challenge coûte environ 35.000 euros, dont une partie (10.000 euros) a été financée par une cagnotte en ligne. Car Fabienne veut aussi porter « des valeurs » : « Le handicap n’est pas une fin en soi. Pour moi, cette histoire de rétroviseur, regarder en arrière ce que l’on a fait, c’est vraiment important. On a tous des rêves« .
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L’infirmière a aussi bénéficié de l’aide du CHU de Montpellier pour s’entraîner. Et, surtout, de l’amour de ses proches. « Mes enfants suivent de près, régulièrement ils me disent qu’ils sont fiers de moi. Ça fait du bien à mon cœur de maman ! »
Sa maman à elle, Aline, ne mange « que du chocolat depuis une semaine, tant [elle est] stressée. Mais quelque part, c’est elle qui me rassure. Elle a cette force en elle…Moi je lui fais confiance. »
Une cagnotte pour la recherche
La cagnotte pour aider au financement du voyage est close. Mais une autre prend le relais, avec un autre but : faire des dons à destination de l’INSERM. « Moi, je peux tenter de réaliser mon rêve car j’ai des traitements qui le permettent. J’ai bénéficié de la recherche. Mais d’autres personnes sont dans l’attente » souligne l’alpiniste.
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