Rugby : Bernard Laporte est sorti de sa garde à vue, les clubs amateurs votent en pleine tourmente

Bernard Laporte a été placé en garde à vue ce mardi 24 janvier pour des soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravé. Il est ressorti sans poursuites à ce stade. Une audition au pire moment. Car les clubs de toute la France votent pour ou contre la nomination de Patrick Buisson, l’un des proches de Bernard Laporte, pour prendre par intérim la tête de la fédération française de rugby.

Au téléphone, le malaise est réel. Les quelques présidents de clubs de rugby en Occitanie qui nous ont répondus, ce mardi 24 janvier 2023, sont dépités.

1900 clubs votent en effet jusqu’à mercredi pour ou contre la nomination de Patrick Buisson comme président-délégué de la fédération française de rugby après la mise en retrait de Bernard Laporte suite à sa condamnation pour corruption.

Choisi par Bernard Laporte, ce candidat désigné était censé ramener un peu de sérénité et assurer une continuité à quelques mois de la Coupe du monde après des mois de tumulte lié à plusieurs affaires.

Or le président de la fédération française de rugby Bernard Laporte a été placé en garde à vue ce mardi 24 janvier pour des soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravé. Une nouvelle affaire donc, qui ne ravit pas les présidents de clubs.

« Je ne sais pas pourquoi il est en garde à vue. Pour le moment, il est présumé innocent, il faut attendre, nous explique un président de club de fédérale 1 qui préfère rester anonyme. Mais ça commence à faire beaucoup. C’est pas bon pour l’image du rugby français ».

« Ce n’est pas bon pour l’image du rugby français »

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D’autres s’inquiètent avec l’arrivée et l’organisation de la Coupe du monde en France dans quelques mois. 

On est à 6 mois de la Coupe du monde. Il nous faut un peu de stabilité et de sérénité à la tête de la fédération pour organiser cet événement. Là avec cette nouvelle garde à vue, c’est de nouveau compliqué. De plus, nous les présidents de petits clubs, on se sent loin de toutes ces affaires. Je suis dépité.

Président d’un club de rugby dans le Tarn et Garonne

« Aïe, aïe, ce n’est pas une bonne nouvelle cette garde à vue », réagit du tac au tac un autre président de club de la région qui préfère, lui aussi, ne pas donner son nom. « Nous avons voté hier soir, cela ne changera rien. Bernard Laporte, je le connais depuis très longtemps, quand il était à Gaillac. Laporte on l’aime ou on ne l’aime pas, c’est comme ça ».

Ces présidents s’inquiètent surtout pour la suite. 

On n’a pas l’intégralité des dossiers, c’est difficile de juger. Surtout il faut respecter la présomption d’innocence. Mais les affaires s’accumulent, ce n’est pas bon. Entre l’affaire Atcher, puis celle de Altrad-Laporte, sur le plan international on ne donne pas une belle image du rugby français. Surtout qu’on est dans une année importante. Il faut voir ce que donne cette consultation. Soit on tire un trait sur la période Laporte, soit on valide la continuité, tout dépendra du résultat. Mais si la majorité est contre, que va-t-il se passer ? Nous n’en savons rien. 

Bruno Blaya, président du club Rugby Eauze

Des présidents de club qui se sentent spectateurs de ces affaires et se disent surtout accaparés par leurs problématiques. Faire vivre leur club, suivre leur championnat et préserver les valeurs du rugby.

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Un timing qui interroge

Après avoir été interrogé plusieurs heures par les enquêteurs du Parquet national financier, Bernard Laporte est ressorti libre ce soir et sans poursuites à ce stade. 

Certains présidents en tout cas s’interrogent sur le timing de cette garde à vue en plein vote des clubs. 

« Moi ça fait 5 ans que je suis président d’un club. Bernard Laporte a fait de bonnes choses pour le rugby amateur. Sur le plan sportif, le rugby français n’a jamais été aussi fort internationalement. La crise Covid a aussi été bien gérée. Je trouve que le timing de cette garde à vue est un peu particulier en plein vote des clubs. De notre côté nous avons voté mais pour ceux qui n’ont pas voté, cela risque de finir de les convaincre. C’est désagréable », conclut Sébastien Bousquet, président d’un club dans les Hautes-Pyrénées. 

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