Dans les cartons depuis plus de quatre ans, la création d’un parc privé dédié au monde du cinéma et du jeu vidéo prend du plomb dans l’aile à Bayssan. Le conseil départemental ne souhaite plus poursuivre le projet
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« Rien n’a abouti, rien n’est présenté »
Le terrain où est censé être construit ce parc appartient au Syndicat Mixte du Domaine de Bayssan, lui même détenu pour deux tiers par le conseil départemental, le dernier tiers appartenant à la ville de Béziers. En 2017, le département s’engage à ne pas vendre ce terrain pendant quatre ans, le temps que le projet se monte. Le temps a passé, visiblement trop pour le président du conseil départemental, Kléber Mesquida.
« Au bout de ces quatre ans, rien n’a abouti, rien n’est présenté » déplore l’élu. Mais ce qui semble avoir particulièrement motivé le département à changer d’avis, c’est l’évolution du projet
. « Quelques mois après, on nous dit ‘on va faire quelque chose autour du numérique’. Nous n’en connaissons pas la consistance, ça ne répond pas à nos attentes, et je doute qu’il y ait une faisabilité avérée sur cet aspect là. Ce projet, pour moi, n’a pas de sens.«
La colère de Robert Ménard
Un revirement qui plonge dans une colère noire le maire de Béziers, Robert Ménard. « Je suis d’abord consterné de l’apprendre par la presse (…). Tout ça, c’est la vieille politique, c’est le vieux monde (…). J’ai la certitude que M. Mesquida préfère les petites querelles à quatre sous plutôt que l’intérêt du département.«
Le maire souhaite « rappeler que ce projet n’a pour l’instant pas coûté un sou au contribuable. S’il reconnaît que cela a pris du retard (« il y a eu la Covid »), le maire reste convaincu que « ce projet est capable de changer tout l’ouest du département de l’Hérault ». « C’est une espèce d’archaïsme que de ne pas comprendre à quel point ce projet pourrait être formidable » soupire Robert Ménard.
Lors de la présentation de la dernière mouture du parc, le porteur du projet tablait sur deux millions de visiteurs par an, avec 500 emplois à la clef.
Le fond, et la forme
En plus du fond, la forme de la prise de décision du conseil départemental ont surpris à la fois Robert Ménard, mais également le porteur du projet Bruno Granja, directeur de Studios Occitanie Méditerranée. L’élu et l’entrepreneur assurent à France Bleu Hérault avoir appris le revirement de Kléber Mesquida via la presse. Le président du conseil départemental a laissé entendre qu’il les avait prévenu auparavant.
Kléber Mesquida appuie également sa décision en expliquant ne pas avoir eu connaissance de l’évolution du projet, en particulier des contrats de licences autorisées par des entreprises du cinéma et des jeux vidéos. Des documents consultés par France Bleu Hérault démontrent que le conseil départemental était au courant de l’engagement de ces entreprises dès fin 2021.
Le porteur du projet ne veut pas baisser les bras
Lui aussi se dit stupéfait du choix pris par la majorité départementale. Bruno Granja explique en revanche « garder sa porte ouverte. Je suis là pour discuter, trouver des solutions. Je suis convaincu qu’on peut en trouver« . Le Toulousain, à la tête de sa société Studios Occitanie Méditerranée
, indique avoir respecté ses engagements : « Tout a été remis parfaitement dans le dossier, avec l’ensemble des pièces demandées ».
La réunion prévue la semaine prochaine entre le Département, la Ville de Béziers et l’entreprise, promet d’être houleuse.
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