Béziers : le difficile dialogue entre la Ville et les riverains d’Injalbert

Les habitants du quartier de la Villa Antonine s’opposent à un projet, porté par Buesa, de construction d’un immeuble de six étages, 77 places de parking avec 13 arbres abattus sur les 26 existants au 55, boulevard de Genève. Une réunion publique a eu lieu samedi 7 janvier, au palais des congrès de Béziers.

Ils étaient une centaine de riverains du quartier Injalbert, samedi 7 janvier, à participer à la réunion publique lancée par la Ville, dès 14 h, au palais des congrès de Béziers. Objectif : parler du projet de construction d’un immeuble, en plein cœur du quartier, au 55, boulevard de Genève, que les habitants refusent, pour lequel la Ville a délivré un permis de construire le 17 novembre dernier. Décision qui laisse un goût de colère chez les riverains, réunis en association nommée ADRVA pour association des riverains de la Villa Antonine.

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Le maire, Robert Ménard, a d’abord pris la parole pour expliquer les raisons de cette réunion. En synthèse, pour expliquer que « les politiques urbanistiques combattent aujourd’hui l’étalement urbain », que la Ville « ne peut pas empêcher des propriétaires de déposer des projets« , qu’elle est là pour « vérifier que les règles d’urbanisme sont respectées ». « Nous avons mis un an pour bien étudier ce dossier. Et le projet Buesa respecte les règles d’urbanisme. »

Questions, contestations, colère…

Très vite, questions et contestations ont fusé dans la salle, certains gardant leur calme, d’autres moins, mais toujours sur un ton de colère qui ne s’apaisait pas. Il faut dire que le dialogue passait mal entre la salle et le premier magistrat, aidé de deux responsables municipaux des services juridique et urbanisme.

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Les uns reprochant à la Ville d’avoir délivré le permis de construire ; le maire, lui, se posant en « médiateur et non en défenseur du projet », expliquant maintes fois qu’il ne peut pas « suspendre le permis accordé puisque tout est en règle », et que c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été accordé. Les uns arguant « le danger pour les habitants et les enfants de l’école de la Chevalière », juste à côté du projet, avec un afflux certain de véhicules ; la perte « de végétalisation du site » ; « plus de 7 000 logements vacants en centre-ville » ; « un projet immoral puisque le dépôt de demande de permis s’est fait le 28 décembre, soit trois jours avant que de nouvelles normes de construction soient imposées par une nouvelle loi » et obligent le constructeur à revoir sa copie, ou à l’annuler…  Le maire, lui, rappelant que quand un projet ne convient pas, « on peut saisir la justice »… Et de rappeler que, pour l’avenir, la Ville a pris la décision « de demander l’inscription aux Monuments historiques de La Chevalière » (pour encore plus de contraintes pour les futurs projets). Les uns reprochant à la Ville de ne pas avoir assez fouillé le projet pour en détecter les failles et le refuser…

Bref, un dialogue difficile. Il serait surprenant que des riverains aient changé d’avis après cette réunion. L’association va déposer tout d’abord un recours gracieux au maire  pour lui demander d’annuler sa décision (ce recours suspend le délai de 2 mois pour faire un recours contentieux en justice). Puis, si nécessaire, saisira le tribunal administratif.

https://www.midilibre.fr/2023/01/07/beziers-le-difficile-dialogue-entre-la-ville-et-les-riverains-dinjalbert-10910590.php

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