Personne ne patiente dans la salle d’attente de la docteure Dominique Bourgeois, sur la place de Thessalie à Montpellier ce jeudi 1er décembre. Ce sera de nouveau le cas ce vendredi. Pour la première fois en presque 21 ans de carrière, la médecin généraliste fait grève. « Ce qui a mis le feu aux poudres c’est qu’on est en train de dépecer notre métier. Ainsi que le manque de considération qui va avec le fait de ne pas revaloriser notre acte » explique la généraliste. Elle fait partie des 14 000 membres du groupe Facebook « Médecins pour demain » qui est à l’origine de la mobilisation nationale des médecins libéraux. Une manifestation avait lieu ce jeudi à Marseille, ralliée par certains professionnels héraultais.
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Une consultation à 50 euros
La revendication phare de ce mouvement est de faire passer la consultation de base à 50 euros au lieu de 25 euros actuellement. Une manière de « rétribuer à leur juste valeur les médecins » assure la docteure Dominique Bourgeois. Surtout que « la moyenne européenne est de 46 euros par consultation. » Très concrètement, sur les 25 euros de départ, la médecin touche 12,50 euros après avoir payé toutes les charges relatives à son cabinet. Et 9 euros, une fois qu’on a retiré les 3,50 euros imposables.
La docteure Bourgeois passe par la plateforme en ligne Doctolib pour caler les rendez-vous avec ses patients. Elle répond aussi aux questions par téléphone. Et puis, une heure par jour, « je scanne les documents, je remplis les papiers administratifs, je mets à jours les dossiers des patients. » Avec une meilleure rémunération des consultations, elle pourrait employer un ou une secrétaire médicale.
Trop d’administratif
Le docteur Jean-Marc Laruelle, médecin à Montpellier et secrétaire général de la Fédération des Médecins de France (FMF) déplore aussi l’absence de revalorisation du tarif de la consultation depuis des années. Il estime que pour une séance payée 25 euros, « au final il n’y a que 8 euros qui retombent vraiment dans notre poche. » Le reste de l’argent part pour « les frais de fonctionnement et les impôts. »
Le médecin montpelliérain Laruelle dénonce une dégradation générale des conditions de travail. Lui refuse de s’inscrire sur Doctolib pour garder une relation avec ses patients. Il trouve aussi que l’administratif prend trop de place dans sa journée. « Je dois passer deux heures par jour à répondre au téléphone. »
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