Parmi les nombreuses mobilisations de ce samedi à Montpellier, il y en a une qu’on a entendu de loin. Celle des motards en colère. Ils étaient environ 1 500 venus de toute l’Occitanie à manifester. Ils se sont rejoints au Zénith Sud en début d’après-midi et sont allés jusqu’à la promenade du Peyrou. Un rassemblement pour dénoncer le contrôle technique bientôt rendu obligatoire de nouveau pour les motos. Suite à une décision du Conseil d’État du 31 octobre
qui rend caduc le décret du gouvernement qui devait annuler sa mise en place.
« Celui qui n’entretient pas sa moto est un inconscient » — Christophe, motard en colère héraultais
Christophe arrive de Vaquières (Hérault) et descend de sa Kawasaki verte, récemment révisée. « Les pneus sont impeccables. Derrière, c’est la même chose. J’ai rajouté des lumières pour qu’on me voit mieux la nuit. »
Le motard de 50 ans entretient tellement bien sa bécane qu’il ne comprend pas pourquoi il devrait la faire contrôler. « Celui qui n’entretient pas sa moto est un inconscient. Sur les voitures, on a un contrôle technique parce qu’effectivement, certains véhicules ont des pneus lisses. Mais nous, si on laisse les pneus lisses, c’est la chute assurée__. »
Le prix du contrôle technique n’a pas encore été fixé. Mais, à priori, il devrait se situer entre 50 et 70 euros. C’est trop cher dénonce Christophe : « C’est vraiment du plumage, c’est pour nous prendre notre oseille. »
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Le contrôle technique, pas une priorité pour les motards
Pour remplacer le contrôle technique, des mesures alternatives avaient été proposées par le gouvernement après discussions avec les motards. Tel qu’ajouter des équipements de protection obligatoires, expérimenter les radars antibruit ou encore mettre en place une prime à la conversion pour les vieilles deux-roues motorisées. Mais elles n’ont pas convaincu le Conseil d’Etat.
Pourtant, c’est bien ça le plus important défend Gérard, 61 ans. Il est venu de Perpignan avec sa femme sur une grosse cylindrée bi-place. « Porter le casque et les gants, c’est suffisant pour conduire une moto, c’est inadmissible. Je trouve ça complètement aberrant que le législateur ne fasse rien contre ça. »
Des motards tués sur des routes mal entretenues
Le vrai fond du problème pour la sécurité des motards, ce sont les routes mal entretenues dénonce Jean-Luc Vrignaud, coordinateur de la fédération des motards en colère 34. Selon lui, chiffre 3,5 % des motards se tuent sur les routes de France à cause de leur mauvais état.
« Les routes sont devenues dangereuses pour les motards. Par exemple, il y a un motard qui est mort parce qu’il y avait un trou énorme dans la chaussée à La Grande-Motte » déplore Jean-Luc Vrignaud. « Alors qu’on arrête de nous prendre la tête avec ce contrôle technique. Il faudrait qu’on se remette autour d’une table et qu’on regarde les vraies problématiques. C’est à dire la route et les ralentisseur. »
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