Les Bleues n’ont rien à perdre avant d’affronter l’Angleterre

Pour une fois, les Françaises n’affrontent pas les Anglaises dans le cadre d’une finale de Tournoi des 6 Nations. Un contexte moins oppressant dont elles doivent profiter pour franchir un cap.

C’est bien connu : plus une série dure, plus elle approche de son terme. Alors, celle comptant le nombre de défaites consécutives de nos Bleues contre les Anglaises va-t-elle s’arrêter ce week-end, sur la pelouse du Northland Event Centre de Whangarei ? C’est ce que l’on espère. C’est ce qu’elles espèrent. Pour l’heure, le funeste compteur indique dix défaites. La dernière remonte au 30 avril dernier, pour une énième finale de Tournoi des 6 Nations. Dans un Jean-Dauger chauffé à blanc et entièrement acquis à leur cause, les Bleues ont baissé pavillon. Défaite 24 à 12, trois essais à deux. Les Tricolores ont été encore dominées par le surpuissant pack des Red Roses qui se contenta de faire ce qu’elle sait mieux faire, des ballons portés (lire ci-dessous). Madoussou Fall, la très prometteuse deuxième ligne du XV de France Féminin et qui a été de cinq des dix dernières défaites contre l’Angleterre, s’en souvient encore : « Celle qui m’a fait le plus mal ? La dernière. Elle m’a énormément marquée parce qu’on était vraiment très bien parties (Romane Ménager avait inscrit un essai dès la 4e minute, N.D.L.R.), on rivalisait avec elles, mais les ballons portés nous ont tués. Pourtant, on les avait travaillés. Ça m’a laissé un goût très amer. »

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Une blessure de plus donc, qui ne fait qu’amplifier les souvenirs des autres : « Cette série est très agaçante, d’autant qu’à chaque fois cela ne se joue pas à grand-chose. On sait que les joueuses plus âgées ont gagné contre les Anglaises. Et on aimerait bien le vivre. » Nombreuses sont pourtant celles qui ont vécu la dernière victoire contre les Anglaises, acquise au mois de mars 2018 au Stade des Alpes : on en dénombre pas moins de dix, sur un groupe de trente-deux. Il s’agit d’Agathe Sochat, Safi N’Diaye, Marjorie Mayans, Romane Ménager, Gaëlle Hermet, Pauline Bourdon, Caroline Drouin et Jessy Trémoulière qui avait démarré la rencontre, auxquelles il faut ajouter Céline Ferer et Marine Ménager qui sont entrées en jeu. Ces Bleues-là savent comment faire, donc. Une fois encore, il n’y a plus qu’à…

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Lundi tendu, mardi studieux

Et pour une fois, ce match ne sera pas une finale de Tournoi. Rien qu’un simple match de poule, que les Françaises doivent l’aborder sans la peur de passer à côté d’un titre : « Souvent, on se met beaucoup de pression pour ces matchs, et c’est normal, pointait justement la demi d’ouverture Caroline Drouin. Mais cette fois, ce n’est qu’un match de poule. Cela ne définira pas la fin de la compétition. On pourra toujours dire que la série de défaites continue, mais pour une fois, ce match n’est pas la finalité de la compétition. On n’a rien à perdre. La pression, elle est pour elles, puisqu’elles sont potentiellement favorites au titre. Nous, on doit lâcher les chevaux. » Même discours du côté de la pilier droit Clara Joyeux : « On se souvient de ce match arrêté à Lille en raison d’une panne d’éclairage du stade (en mai 2021). C’était un match « amical », et peut-être que cela nous avait libéré de la pression car nous étions en position de le gagner à moins de vingt minutes de la fin. » En effet, les Tricolores revenaient fort dans ce match, qui fut finalement arrêté à la 62e minute alors que les Anglaises ne menaient que de deux points (17-15).

On verra donc samedi si, cette fois, les coéquipières de Céline Ferer sont dans le vrai. En tout cas, elles ont fait une bonne semaine d’entraînement. Et ce, même si cette dernière a commencé avec quelques tensions entre le groupe et le staff, après un débriefing plutôt musclé de la part de ce dernier malgré la large victoire acquise contre des Sud-Africaines vraiment coriaces sur les impacts, tant en attaque qu’en défense. Les Bleues ont pu évacuer une partie de ces frustrations durant la séance du lundi, volontairement plus ludique comme chaque début de semaine. Mardi, l’ambiance était nettement plus studieuse. Et sur le terrain bucolique de la petite bourgade de Ngunguru, à une demi-heure de route de Whangarei, les filles du XV de France ont bossé avec application et férocité, comme les visages marqués de la troisième ligne Emeline Gros et la pilier Assia Khalfaoui en ont témoigné. Un entraînement qui a en tout cas satisfait le staff, tant dans le contenu que dans l’engagement. De bon augure avant le choc de samedi.

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