Il y a un an, la mairie de Béziers devenait propriétaire du club de Rugby de ProD2. Une acquisition nécessaire, disait à l’époque Robert Ménard, pour mettre de l’ordre dans les comptes, et sauver le club d’une décente en fédérale en apportant des garanties à la DNACG. « Aujourd’hui les comptes sont stabilisés, assainis » confie le maire de Béziers à France Bleu Hérault. « Nous avons trouvé des cadavres dans les placards, mais le vide a été réalisé ».
La Ville de Béziers est donc à la recherche d’un repreneur et l’a fait savoir il y a quelques jours dans la presse. Cette annonce porte ses fruits, selon nos informations. Car depuis, de possibles investisseurs se sont fait connaitre. Évidemment, à l’approche de l’ouverture du championnat de Pro D2 (le 26 aout, déplacement de Béziers à Grenoble), chaque candidature est minutieusement étudiée pour éviter toute mauvaise surprise comme au printemps 2021.
En 2021, le maire de Béziers s’était engagé à confier le club à un investisseur pour lui permettre de retrouver l’élite. « C’est sur la bonne voie » selon l’élu.
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Échange avec Robert Ménard
« On cherche un repreneur, parce que la ville a les moyens d’assurer aujourd’hui une situation normale, explique le maire de Béziers. Mais moi je veux pas qu’on reste comme ça en milieu de terrain ad vitam. Je rappelle qu’on n’a pas joué en fin de saison les phases finale. Que nous n’étions pas dans les six premiers ».
« Je veux que ce club ait du panache encore plus qu’il n’en n’a »
« La ville vous l’avez compris, est une espèce de matelas : que les choses se passent bien, que les joueurs soient payés, que le club tourne. Mais je veux aller plus loin que ça et pour aller plus loin, il faut un repreneur. Pour l’instant il n’y en a pas. Alors je me suis dit j’en trouve pas, je vais le faire savoir. De vous à moi, je l’ai fait savoir et ce n’est pas sans écho. C’est incroyable comme quoi la presse sert à quelque chose ! »
C’est-à-dire que vous avez des retours ?
Oui, bien sûr, que je n’avais jamais eus.
Des repreneurs intéressants ?
Non rien du tout, on n’en parle pas. Ce que je veux dire c’est que la presse a une utilité certaine C’est pas une nouveauté. Je l’ai dit depuis le premier jour, j’ai dû le dire à votre micro. La Ville n’a pas n’a pas vocation à être propriétaire toute sa vie du club. On a sauvé le club. Si on ne l’avait pas fait, il ne serait plus en Pro D2. En même temps, il faut trouver quelqu’un d’autre. On l’a fait pour les Galeries Lafayette. La Ville a acheté les Galeries Lafayette quand le groupe a voulu le fermer. Nous avons trouvé un repreneur. Voilà en gros, je vais faire la même chose. On a sauvé le club mais là Ville, elle ne peut pas gérer le club. Nous continuerons à l’aider si besoin. Et puis un club c’est un truc privé. On n’a pas vocation à diriger un grand magasin, comme les Galeries Lafayette ou diriger un club comme l’ASBH. Nous avons pour vocation d’aider pour qu’il y ait un repreneur, pour qu’il le reprenne dans de bonnes conditions.
« En l’espace d’un un an, on a fait un putain de ménage. On a remis tous les comptes à plats. Il n’y a plus un placard avec un cadavre à l’intérieur. »
C’était géré pas comme il faut gérer, pas de façon orthodoxe, mais en même temps, je ne vais pas donner de leçon de morale, j’aime pas qu’on m’en fasse. En même temps, ils couraient après l’argent et quand tu cours après l’argent, à un moment donné il y’a des lignes jaunes que tu franchis. Ils ne le faisaient pas pour eux. Ils ne se sont pas enrichis. Ils l’ont fait pour la bonne cause. Il y a des choses que l’on ne peut pas faire. Là, nous, on est le garant que tout est en ordre. J’ai deux présidents formidables. Mais maintenant il faut trouver quelqu’un qui mette de l’argent dans le club.
Vous ne regrettez pas ce que vous avez fait il y a un an ? À l’époque cette initiative était vivement critiquée.
Moi, je veux bien qu’on critique, mais les mêmes abrutis qui critiquent et si on était descendu en division inférieure, ils m’auraient montré du doigt en me disant « vous n’avez rien fait ». Tu ne peux pas avoir le beurre l’argent du beurre. C’est grâce à la Ville de Béziers et à l’agglomération qu’aujourd’hui on a un club en Pro D2. Tout le reste, c’est des balivernes. Maintenant il faut qu’il y ait des privés qui viennent, pour qu’on essaye de jouer un peu au-dessus de ce qu’on joue aujourd’hui.
Donc il y a des candidatures possibles que vous allez étudier avec beaucoup d’attention. Sans donner de nom est-ce que c’est quelque chose qui pourrait se faire rapidement ? Vous avez une échéance ?
Mais je l’espère. Quand, je n’en sais rien. J’aimerais demain si c’était possible, le plus vite possible. Nous avons besoin de voir arriver des gens et pas des charlatans comme nous l’avons eu l’an passé. Parce que j’en ai vu des gens. Ce n’est pas pour ne pas vous donner de noms. Mais je suis prudent.
« Des gens du monde entier sont venus me voir ces derniers mois. Tous étaient des charlatans. »
Je ne comprenais même pas pourquoi, ils venaient me parler de ça. Tu n’es pas complètement demeuré, tu découvres en une semaine que tout cela ne tient pas la route. Mais il doit y avoir des gens, cela les fait rêver, ça leur donne le sentiment d’exister parce qu’ils viennent te dire « je vais racheter l’ASBH ».
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