Ce vendredi soir (19 h), le Racing Club Narbonnais se rend à Béziers pour le premier derby de la saison. Avec l’ambition de faire un gros match, mais aussi de prendre de l’avance dans la course pour le maintien. Dans un match pas comme les autres…
Il y a des matches que l’on entoure en rouge sur le calendrier. Des rendez-vous que l’on attend dès le mois de juillet, lorsque le calendrier de Pro D2 est dévoilé. Des affiches qui, quel que soit le classement ou l’enjeu comptable, possèdent une saveur particulière. Béziers-Narbonne appartient incontestablement à cette catégorie.
Ce vendredi (19 h), l’ASBH et le RCN se retrouvent à Raoul-Barrière pour un nouveau chapitre de cette vieille histoire régionale. Deux équipes qui jouent leur maintien en Pro D2, deux villes séparées par quelques dizaines de kilomètres, mais surtout deux camps qui, le temps d’une soirée, ne voudront rien céder à l’autre. Le contexte sportif donne du poids au rendez-vous. La rivalité, elle, lui donne une dimension supplémentaire.
C’est le genre de match qui donne envie d’acheter le journal le matin même, de parler rugby à la machine à café, dans les bars ou sur les marchés, et de compter les heures avant le coup d’envoi. Parce qu’un derby Béziers-Narbonne ne se résume jamais à 80 minutes de rugby. Il charrie des souvenirs, des histoires de famille, des discussions entre collègues, des provocations amicales et cette tension particulière qui monte à mesure que l’heure approche.
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Prendre conscience de l’enjeu
À Béziers comme à Narbonne, on sait ce que représente cette affiche. Et ceux qui vont découvrir cette atmosphère vont rapidement comprendre que le décor n’a rien d’ordinaire. Jacques Delmas, le manager narbonnais, en a conscience. « Ils vont découvrir un contexte particulier. Il va y avoir une grosse pression », prévient-il. Mais le technicien veut croire que cette pression peut devenir une force pour son groupe. « Je sens que le groupe vit bien et qu’il y a beaucoup d’enthousiasme. Et aussi beaucoup de précision. »
Car il ne faudra pas seulement être prêt à jouer. Il faudra être prêt à vivre le derby. Les premières minutes vont donner le ton d’une soirée entière. Clément Bitz, le capitaine du Racing qui retrouvera Béziers où il a joué quatre saisons (2020-2024), insiste sur cette dimension presque initiatique pour ceux qui s’apprêtent à découvrir le derby. « Je veux juste qu’on soit dans une mentalité de pouvoir faire un gros match de rugby. Pas grand monde ne connaît cette saveur et l’ambiance qu’il va y avoir. J’ai juste dit aux mecs qui ont la chance de pouvoir porter ce maillot, qu’il faut qu’on en prenne conscience et qu’on se dise que ça va être une journée particulière », confie le seconde ligne.
Le mot est lâché : profiter. Mais avant de savourer, il faudra combattre. Car si l’affiche possède une dimension affective et populaire, elle reste un affrontement avec un enjeu bien réel au classement. Les deux formations savent que chaque point va compter dans la course au maintien. La passion ne doit donc pas faire oublier le rugby. Au contraire, elle doit l’exacerber. « Ça va être agressif, ça va être du combat, annonce Bitz. Si on n’est pas prêt à ce que Béziers va proposer dans l’agressivité et dans le combat, on n’existera pas et il n’y aura pas de derby. »
« Ce que je souhaite surtout, c’est qu’on fasse plaisir aux Narbonnais »
Si, à Béziers, la pression est clairement de mise. À Narbonne, c’est l’impatience qui prédomine. L’arrière Clément Clavières, pur Narbonnais, ne s’en cache pas. « Ça fait deux jours qu’on en parle vraiment. Personnellement, je n’arrête pas de penser à ça. C’est une motivation en plus. »
Une motivation supplémentaire dans une saison où les occasions de vivre de tels moments sont rares. Pour beaucoup, ce sera le premier Béziers-Narbonne. Pour d’autres, un épisode supplémentaire dans une rivalité qui dépasse largement le cadre sportif. Tous auront pourtant la même mission : être à la hauteur de l’événement. « Ce derby, c’est vraiment quelque chose de différent. Moi, ce que je souhaite surtout, c’est qu’on fasse plaisir aux Narbonnais », harangue Jacques Delmas.
Alors, ce vendredi soir, lorsque les deux équipes entreront sur la pelouse de Raoul-Barrière, le derby pourra commencer. Un rendez-vous grandement attendu depuis des mois, entre deux bastions historiques du rugby français. « Quand je vois l’état d’esprit du groupe, je sais qu’on va répondre présents à Raoul-Barrière », assure Jacques Delmas. Il ne restera alors plus qu’à vérifier, sur le terrain, qui sera réellement prêt à vivre cette journée particulière. Parce qu’un Béziers-Narbonne ne se raconte jamais aussi bien qu’il ne se joue.
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