Vendredi soir à 19 h, l’AS Béziers Hérault affronte le Racing Club Narbonnais dans un derby qui sent la poudre, au stade Raoul-Barrière. Malgré une saison difficile, les Biterrois, menés par Guthro Steenkamp, espèrent briller face à leurs rivaux. L’ouvreur Charly Malié et ses coéquipiers veulent éviter les erreurs face à une équipe narbonnaise redoutable en transition.
« Quand j’étais joueur, je jouais pour les Bulls et je détestais profondément les Stormers. J’avais envie de faire mal aux adversaires, c’est ça un derby », Guthro Steenkamp, manager de l’AS Béziers Hérault a disputé des derbies au cours de sa carrière, pourtant, aujourd’hui sur son banc, ce dernier dédramatise l’importance de l’affiche de vendredi soir.
Béziers-Narbonne, des décennies de rivalité et un match à part… pas forcément pour l’ancien pilier sud-africain. « Il faut le voir comme un match normal sinon on va être pris par les émotions, par trop de pression… Nous, il nous faut de la lucidité pour éviter de faire des conneries ou n’importe quoi », ajoute le technicien.
Comme les supporters, les joueurs sont heureux de retrouver cette affiche mythique. « Je suis très content de retrouver Narbonne, c’est un club qui mérite sa place en Pro D2, ces dernières saisons ont été difficiles pour eux, mais ils sont revenus », admet Charly Malié, demi d’ouverture de l’ASBH.
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« Mes meilleurs souvenirs, c’était peut-être quand j’avais 8, 10, peut-être 12 ans, où c’étaient des matchs aller-retour et on se jouait à Cassayet »
Né à Béziers, le joueur de 34 ans qui a passé une partie de sa carrière à Pau, évoque avec tendresse sa jeunesse biterroise. « On est élevés dès le plus jeune âge à cette rivalité avec Narbonne, c’est plutôt bon enfant, mais c’est toujours des matches plaisants à regarder et à jouer, ajoute-t-il. Pourtant, mes meilleurs souvenirs, c’était peut-être quand j’avais 8, 10, peut-être 12 ans, où c’étaient des matchs aller-retour et on se jouait à Cassayet, les retrouvailles en sélection Languedoc avec les Narbonnais et Montpelliérains… les ennemis d’avant sont aujourd’hui devenus des amis. Je pense à Clément Esteriola, qui est passé par Béziers et par Narbonne, on se détestait étant jeunes, mais aujourd’hui, c’est quelqu’un que je respecte beaucoup et qui occupe une place importante dans mon cœur. »
Pour le joueur aux plus de 150 matches sous la tunique rouge et bleu, les anecdotes se bousculent : « Je me souviens d’une image folle, un pick-up, avec des mecs derrière dans la benne, avec les drapeaux de Béziers, qui nous entouraient sur l’autoroute jusqu’à Narbonne. »
Sur la pelouse d’un stade Raoul-Barrière qu’on attend bien garni vendredi soir, les Biterrois ne partent pourtant, pas forcément favoris face à leurs voisins. « Je pense que les Narbonnais ont tout à gagner, nous, à l’inverse, il va falloir faire attention parce que ce n’est pas le début de saison rêvé, prévient le numéro 10. Mais je ressens énormément d’excitation et tellement de fierté de pouvoir porter ce maillot lors d’un tel évènement. »
« Être vigilant sur ces ballons de transition car ils excellent dans ce domaine »
Malgré une petite forme affichée en ce début de saison, une conquête en berne et un déficit de confiance, les Biterrois seront au rendez-vous. « On a bossé dur, comme des chiens, je vois notre équipe qui monte en puissance, même si ce n’est pas évident pour les gens à l’extérieur. On ne veut pas gagner ce match parce que c’est un derby, on veut gagner ce match parce qu’on veut montrer nos qualités, être fiers de nous-mêmes, et rendre fier notre public », tonne Steenkamp en se méfiant d’un Racing Club Narbonnais, joueur.
« C’est une équipe qui a envie de faire vivre le ballon, faire des offloads… tout le monde dit que c’est une équipe promue… mais non c’est une vraie équipe de Pro D2, donc on va la respecter », poursuit-il. « Sur les ballons de turnovers, on a vu contre Angoulême, qu’ils pouvaient être dangereux, ils ont pas mal de facteurs X et il va falloir être vigilant sur ces ballons de transition car ils excellent dans ce domaine », analyse Malié.
En cas de match serré, comme le sont souvent les derbies, les Biterrois pourront s’appuyer sur un drop, comme en finale en 1974 ou plus récemment lors du match amical remporté sur le fil (29-27). « J’avais la cassette « 15 finales, 11 titres », je l’ai vu en boucle, avec ce fameux drop d’Henri Cabrol, c’est la classe. Il y a Joseph (Laharrague) qui a essayé de l’imiter en match amical, mais on n’a pas eu le Brennus à la fin du match (rires)… », conclut Charly Malié. Vendredi soir, il ne sera pas question de bouclier, seulement de suprématie languedocienne.
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