Des ruisseaux asséchés, des stocks de foin entamés avec quatre mois d’avance et des bêtes déjà rentrées dans les fermes. Les éleveurs de la Salvetat-sur-Agout tirent la sonnette d’alarme et demandent des mesures d’urgence à l’État. La préfète de l’Héraut dit avoir entendu leur détresse.
Le contraste est saisissant en arrivant sur les hauteurs de la Salvetat-sur-Agout, dans les Hauts cantons héraultais. L’herbe des prairies habituellement encore verte à cette époque de l’année est d’un jaune impressionnant, les ruisseaux sont asséchés, conséquence de trois canicules en quelques semaines.
“Avant novembre, on ne rentre jamais nos bêtes à la ferme » confie Julien Barthez, éleveur ovin installé depuis 2017 à La Salvetat-sur-Agout avec un cheptel de 350 brebis. « Ici, tout le monde a commencé à le faire depuis la première semaine de juillet pour affourager comme en hiver. Nous avons quatre mois d’avance ».
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L’herbe des prairies n’a jamais été aussi jaune à cette époque de l’année
La situation est catastrophique, du jamais vu. C’est le message que les éleveurs ont passé ce vendredi 31 juillet à Chantal Mauchet, la préfète de l’Hérault venue assister à une réunion de travail dans les Hauts cantons, quelques jours avant l’annonce de mesures gouvernementales (lire ci-dessous). Une cinquantaine de professionnels et d’élus ont assisté cette rencontre, dont les présidents de la Chambre d’agriculture et du Conseil départemental.
« Les anciens ont connus des sécheresses, mais pas avec des températures comme ça, pas avec ce manque d’eau et surtout pas si tôt dans la saison. Des manques de fourrage, évidemment c’est arrivé, mais on avait toujours de l’herbe dans les parcs et un peu d’eau pour maintenir les bêtes dehors l’été, ce qui n’est pas le cas cette année » s’inquiète Julien Barthez qui gère une exploitation agricole spécialisée dans l’élevage d’ovins et de caprins, avec également des activités de vente directe de produits locaux.
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Pas d’eau, un comble dans cette zone
L’hiver va être très long, bien plus long que d’habitude pour les bêtes. Certains éleveurs n’auront pas d’autres choix que d’acheter du fourrage, pour d’autres, la diminution des cheptels. « C’est une situation exceptionnelle » dit Dorothée Cabrol, éleveuse en GAEC (60 bovins autant d’ovins). « Il n’y a plus d’eau. C’est un comble pour un secteur qui vend la fameuse eau pétillante La Salvetat dans le monde entier. Les stocks de foin ne seront pas suffisants, c’est certain. »
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L’ensemble du département est touché, indique Laurent Senet, président du syndicat des éleveurs de l’Hérault. « Il n’y a plus rien à manger sur les pâturages ou les petits sous-bois à proximité. Il faut accompagner la trésorerie des exploitants. Trouver un mécanisme de solidarité pour ceux qui n’ont plus de foin ».
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Alors qu’un état des lieux a été réalisé partout en France, la préfète de l’Hérault rencontrait ce vendredi 31 juillet une cinquantaine d’éleveurs, élus réunis à la Salvetat-sur-Agout à l’occasion d’une réunion de travail. « J’ai pris conscience de la gravité de la situation, du ras le bol et des inquiétudes des éleveurs » confie Chantal Mauchet à la radio Ici Hérault. « On traverse une situation exceptionnelle. »
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« L’hiver va être long pour les éleveurs qui puisent dans les réserves hivernales. Cette crise est celle de trop« conclut Jérôme Despey, le président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. « Il faut tout mettre en œuvre pour éviter la décapitalisation des troupeaux. Car des éleveurs vont faire en sorte de vendre leur bête, ne pouvant plus les nourrir. »
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Ce mercredi 5 août, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé un « plan d’accompagnement canicule – sécheresse – incendies » pour ne laisser « aucun exploitant seul face à cette situation » après les catastrophes climatiques de l’été. Il comprendra « des mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées » indique le ministère dans un communiqué.
Au cas par cas, sur le terrain, le ministère souhaite aussi « adapter les mesures de gestion de l’eau dans le respect du cadre fixé par le guide sécheresse et l’instruction interministérielle de 2023 » afin de « concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles« . Le ministère rappelle que 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 en situation de crise, avec des restrictions importantes des usages de l’eau.
- Témoin d’un événement dans l’ouest héraultais et l’arrière-pays héraultais, une info à passer, appelez le 04.67.06.65.42
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