Le 5 août 2025, les Corbières s’embrasaient. L’énorme incendie, parti de Ribaute (Aude) a parcouru 34 km, 16 communes, et ravagé 17.000 hectares. Un an jour pour jour après ce départ du mégafeu, ICI Occitanie est allée à la rencontre des habitants, au milieu d’une végétation toujours calcinée.
Le 5 août 2025, les Corbières s’embrasaient. Le grand incendie, parti de Ribaute, aura duré trois semaines, parcouru 34 kilomètres et 16 communes, et ravagé 17.000 hectares. Mercredi 5 août 2026, un an jour pour jour après ce départ de feu, ICI Occitanie est allée à la rencontre des habitants qui vivent au milieu ou à proximité d’une végétation toujours calcinée, avec des poteaux électriques toujours à terre et des tracas sans fin avec les assurances. Des habitants dont l’anxiété est ravivée par le mégafeu tout juste maîtrisé en Gironde.
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Dans les Corbières, « les oiseaux ne chantent plus » témoigne une habitante
« Moi je vais marcher tous les matins avant de travailler et c’est un spectacle désolant », raconte Anita dont le quotidien est bouleversé depuis le mégafeu de 2025. « On n’entend plus les oiseaux. » En 2025, elle a vu les flammes de très près et le mégafeu en Gironde ravive son anxiété : « Les incendies de Gironde, oui, forcément que ça nous a tous rappelé tout ça, et d’ailleurs depuis juin que c’est très sec, on a tous le stress de dire ‘On va avoir un feu encore, c’est sûr’ ! »
Avec en plus les tempêtes Nils et Pedro essuyées en février et les inondations de 1999, Anita se pose des questions : » Avec mon mari, parfois on se demande si on vit au bon endroit. »
Nombreux habitants sous antidépresseurs et anxiolitiques
Cette anxiété ambiante la poursuit jusque dans son travail, elle est pharmacienne à Fabrezan et voit des habitants mal en point : « Ils sont sous traitement parce qu’ils ont un choc psychologique énorme, (ils prennent ndlr) des antidépresseurs, des anxiolytiques. »
Quelques kilomètres plus loin, sur les hauteurs, à Fonjoncouse, Evelyne, a la mémoire à vif : »Il y a un an, 17h30-17h45, on commence à voir que le ciel change de couleur, à 18h30, il y avait le feu sur la route de Coustouge. » Fine observatrice de la vie locale, Evelyne est correspondante pour le journal L’Indépendant. Elle déplore les conséquences économiques du mégafeu : « Les viticulteurs ont été beaucoup touchés, certains ont perdu 100% de leur domaine. Un des jeunes viticulteurs est parti du village pour une autre région, où il va faire autre chose. »
« Les assurances ne jouent pas le jeu », déplore un garagiste sinistré de Saint-Laurent
Autre conséquence des incendies : les tracas avec les assurances. Cyril Oncins est garagiste à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, il témoigne de ses tracas avec les assurances depuis un an et pense que c’est de mauvaise augure pour les sinistrés girondins : « Le jour du feu, notre assureur nous a appelé en nous disant ‘Ne vous inquiétez pas, on sera là.’ Il nous a appelé le 5 août au soir, mais au final ça va faire un an maintenant et on n’a toujours rien. »
« Nous on trouve que les assurances ne jouent pas le jeu, poursuit-il. Il manque toujours des papiers, il y a toujours quelque chose. On a un terrain où il y a eu une trentaine de voitures brûlées, et les assurances ne veulent pas prendre en charge la dépollution du sol. Il y en a pour 35.000 euros, ils nous donnent dans les 4.000 euros à peu près. Quand on a appris ce qui s’est passé en Gironde, on s’est dit que ça allait être pire pour eux, vu le nombre de maisons qui ont brûlé, le nombre de sinistrés. »
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Arbres calcinés, fils électriques à terre, les stigmates du grand incendie sont partout, mais les Corbières se relèvent petit à petit. Il y a du mieux. Quelques maisons sont en cours de reconstruction et des ouvriers travaillent le long des départementales. En ce moment, à Coustouge, Magali se réjouit presque d’une route déviée : « Elle est barrée la route, parce qu’on enfouit les lignes électriques et ADSL, parce que c’était une forêt de poteaux chez nous, donc ils ont profité de l’occasion pour tout enterrer, ils finissent cette semaine dans les Corbières. »
Les habitants, comme Emma, de Saint-Pierre des Champs, plaignent les Girondins : « Nous on est à 10.000 hectares, c’est déjà ça fait mal, mais alors 40 000, j’imagine pas !«
Des habitants résilients qui tentent de retrouver une vie normale, à l’image, à Fonjoncouse, du restaurant étoilé de Gilles Goujon. Mercredi midi, l’auberge du Vieux Puits était ouverte et son parking à moitié rempli.
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