Face au méga feu qui touche actuellement la Gironde, les services de prévisions de Météo France, à Toulouse, sont un soutien indispensable. D’autant que l’incendie est particulièrement imprévisible. Selon un prévisionniste, « il crée ses propres conditions météorologiques ».
En Gironde, après plusieurs journées de progression ininterrompue, « la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler », a indiqué ce lundi 27 juillet 2026 la préfecture. Le retour d’une fine pluie a offert un peu de répit aux pompiers. Mais Météo France prévoit une nouvelle vague de chaleur sur le sud-ouest à partir de mardi avec des maximales jusqu’à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs. Des conditions qui font craindre le pire.
Pour la 4ème fois cet année une nouvelle #canicule 🥵 va se mettre en place en ce millieu de semaine sur la France. Visible sur les modèles depuis de nombreux jours elle est maintenant assurée.
Un premier pic de #chaleur dans l’ouest est attendu mercredi avec près de 40°C puis se… pic.twitter.com/9n4KbxFiKl— Meteociel (@meteociel) July 26, 2026
Les services de prévision de Météo France, à Toulouse, jouent un rôle stratégique en fournissant des informations essentielles pour anticiper le comportement du feu et guider les décisions opérationnelles. Au vu de l’importance du phénomène, « des prévisionnistes sont venus en renfort pour assurer une surveillance en continu », explique Jean-Christophe Vincendon, coordinateur national feux de forêts, depuis les locaux haut-garonnais du service public de météorologie.
Depuis le départ de l’incendie mercredi dernier, les analyses portent sur l’évolution des vents, la température, l’humidité de l’air, la stabilité de l’atmosphère et la sécheresse extrême de la végétation. Ces paramètres influencent directement la vitesse de propagation des flammes et leur intensité. « Grâce à ces données, nos calculs de modélisations nous permettent de fixer un niveau de danger des feux de forêts », développe le prévisionniste.
Plusieurs fois par jour, des bulletins météorologiques sont transmis au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Gironde et aux autorités engagées dans la gestion de crise.
Mais l’incendie de Saumos génère une telle masse d’énergie qu’il est devenu autonome. « Il est d’une puissance inédite. Il s’auto-alimente, fabrique ses propres vents et devient imperméable à la météo », avance Jean-Christophe Vincendon. Pour l’expert, « On sort du cadre classique de la prévision ».
L’urgence de la situation a poussé les prévisionnistes à utiliser pour la première fois leurs radars de pluie. Ces images satellites servent d’habitude à détecter les précipitations, mais samedi soir dans le secteur de Marcheprime (Gironde), « les agents de surveillance ont identifié grâce à ces outils qui permettent une très grande précision, des phénomènes de pyroconvection. »
Avec la quantité de fumée très importante dans le ciel, les pompiers ont mis beaucoup de temps à visualiser ces mouvements d’air chaud. Grâce à ces images radars, nous avons pu donner l’alerte rapidement. Cette première mise en situation est très prometteuse.
Jean-Christophe Vincendon, coordinateur national feux de forêts, Météo France
L’expert reste prudent. « Il faudra ensuite corroborer ces données pour pouvoir utiliser le système sur d’autres incendies ». En attendant, « un simple épisode pluvieux ne suffira pas à éteindre ce feu », conclut-il.
Après un répit ce week-end, Météo France annonce des températures qui remontent rapidement dès ce début de semaine. Les fortes chaleurs s’installent sur une grande partie du pays à partir de mardi, avec un pic d’intensité mercredi 29 juillet. Les maximales seront comprises entre 32 °C et 35 °C sur une grande partie du pays, voire 36 °C à 37 °C dans le Sud-Ouest.
