Ce matin, Béziers a rendu hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français ainsi qu’aux Justes de France, à l’occasion de la cérémonie organisée au Monument aux Morts du Plateau des Poètes. Après les prises de parole de Maurice Abitbol, président de l’Association culturelle israélite de Béziers, de Monsieur Robert Ménard, Maire de Béziers, Président de la Communauté d’Agglomération Béziers Méditerranée et la lecture du message ministériel par Jacques Lucbéreilh, sous-préfet de Béziers, plusieurs gerbes ont été déposées en mémoire des victimes et en hommage à celles et ceux qui, au péril de leur vie, ont fait le choix de la solidarité et du courage. Une cérémonie empreinte de recueillement pour transmettre la mémoire et rappeler l’importance de ne jamais oublier. Discours de Monsieur le Maire : « Mes chers amis, il y a 84 ans, les 16 et 17 juillet 1942, la France a traversé des journées parmi les plus noires de son histoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et ils sont terribles. Près de 5 000 policiers français ont arrêté, dès l’aube, 13 152 Juifs à Paris. Une rafle d’une ampleur jamais vue. Parmi eux, environ 4 000 enfants. Les plus petits avaient 15 à 18 mois… Imaginez : à six heures du matin, les portes des appartements défoncées, les familles arrachées à leurs rêves. Les gamins en pyjama, les yeux encore pleins de sommeil, les mères serrant leurs bébés contre elles. Des cris, des pleurs, l’odeur rance de la peur dans les escaliers étroits. Des prières en yiddish qui montent dans la nuit finissante. Les hommes en uniforme demandent alors de les suivre sur le champ, avec le strict minimum. Le ton est sec, brutal. Les visages sont durs. Dans cette horreur, quelques policiers français ont baissé la tête de honte en exécutant ces ordres infâmes. Certains ont même fermé les yeux et laissé des familles s’enfuir. C’est peu, trop peu… mais cela rappelle que même dans les pires moments, l’âme française ne disparaît jamais complètement. Le destin des milliers de victimes de cette rafle va être épouvantable. 7 000 d’entre eux sont parqués dans le Vélodrome d’Hiver, le fameux Vel d’Hiv. Dans des conditions indignes, déshonorantes, sans toilettes, dans une chaleur insupportable. Il faut le rappeler, ce crime a été commis par des Français. Sur ordre du maréchal Pétain et de son gouvernement. Aucun soldat allemand n’y a participé. Pierre Laval, le chef du gouvernement, a même exigé que les enfants soient déportés – une horreur que les nazis eux-mêmes n’avaient pas demandée. Pierre Laval qui parlait des Juifs réfugiés comme des « déchets ». Ces journées restent une honte pour notre pays. L’abject y a côtoyé l’ignoble. Nous devons le dire clairement, sans faux-fuyants : tous ceux qui aujourd’hui encore minimisent, excusent ou défendent Pétain et Vichy sont tout simplement indignes, indignes d’incarner la France. Mais nous ne sommes pas seulement le pays de Vichy. Nous sommes aussi le pays des Justes, celui qui a su, dans la Résistance, retrouver son honneur. C’est cette France-là que nous voulons transmettre à nos enfants. Aujourd’hui, alors que l’antisémitisme relève la tête, que la haine des Juifs sert parfois de tremplin politique, le souvenir du Vel’ d’Hiv doit nous habiter. Et nous servir de leçon : ne jamais baisser la garde devant la barbarie, ne laissez jamais les extrémismes contaminer notre République, mettre à sac notre civilisation. Je crois que là-haut, les déportés de juillet 42 nous regardent, nous le demandent et nous jugent. Vive la République ! Vive la France ! Discours de Robert Ménard.
GS
https://www.lepetitjournal.net/34-herault/2026/07/21/un-discours-fort-sur-la-memoire-nationale/
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