Porté disparu dimanche 19 juillet alors qu’il randonnait seul dans les Pyrénées ariégeoises, un homme de 30 ans avait été retrouvé inconscient le lendemain soir, au terme d’une importante opération de recherche, dont le système Lifeseeker, capable de localiser un téléphone en zone blanche. Souffrant d’un grave traumatisme crânien, il est décédé mercredi 22 juillet à l’hôpital.
L’espoir né lundi soir, quand les gendarmes l’ont retrouvé vivant au terme d’une journée de recherches, n’aura duré que quelques heures. L’homme de 30 ans retrouvé inconscient lundi 20 juillet au soir dans le secteur du Pic d’Estibat, en Ariège, est décédé mercredi 22 juillet des suites de ses blessures, a indiqué à France 3 Occitanie Olivier Mouysset, procureur de la République de Foix. Conduit en urgence à l’hôpital après sa découverte, le randonneur souffrait d’un grave traumatisme crânien, vraisemblablement provoqué par une chute.
L’homme, originaire d’Avignon, était parti randonner seul le dimanche 19 juillet dans les Pyrénées ariégeoises. Sans nouvelles depuis le milieu de l’après-midi, ses proches ont donné l’alerte. Il est officiellement signalé comme disparu le lundi 20 juillet à 11h52, précise le procureur.
En parallèle des démarches auprès de la gendarmerie, un ami lance un appel à témoins sur le groupe Facebook Randonnées en Ariège (09), qui compte plus de 37.000 membres. Il y détaille son signalement et précisé qu’une vidéo envoyée vers 14h par le trentenaire pourrait aider à confirmer sa localisation. Le message est massivement relayé et près de 200 commentaires abondent, affinant l’emplacement d’où a été prise la vidéo.
Une enquête pour disparition inquiétante est ouverte sous l’autorité du parquet de Foix. Les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Savignac-les-Ormeaux et de la compagnie de Saint-Girons engagent immédiatement les recherches, qui permettent de retrouver le véhicule du randonneur, stationné sur le parking du col de Port, qui permet d’accéder à de nombreux circuits de randonnée.
« L’exploitation téléphonique permettait ensuite de circonscrire la zone concernée, et celle-ci était survolée en hélicoptère, mais sans succès », relate Olivier Mouysset. Des recherches pédestres sont alors lancées, tandis que la section aérienne de Pamiers poursuit les survols du secteur.
C’est à ce moment qu’est déclenché le dispositif Lifeseeker. Embarqué à bord d’un hélicoptère, cet équipement fonctionne comme une antenne-relais : il crée un réseau de téléphonie mobile en zone blanche, poussant les portables au sol à s’y connecter, ce qui permet de les localiser. C’est un outil précieux en montagne, où il a déjà permis de retrouver de nombreux randonneurs. Le dispositif, encore rare, a dû être acheminé depuis le PGHM de Briançon par la section aérienne de gendarmerie de Montpellier.
Lifeseeker permet alors de retrouver la trace du randonneur. « Grâce aux moyens de recherche déployés, la personne disparue était découverte par les gendarmes, inconsciente mais encore respirante, à 21h38 », indique le procureur.
Évacué en urgence vers le centre hospitalier intercommunal des vallées de l’Ariège (CHIVA), à Saint-Jean-de-Verges, le randonneur est ensuite transféré en réanimation à l’hôpital Purpan, à Toulouse. Selon les premiers éléments recueillis par les secours, il aurait fait une chute, sans qu’il soit encore possible, à ce stade, d’établir avec certitude les circonstances de l’accident.
À l’hôpital, les scanners révèlent une hémorragie cérébrale ainsi que des lésions étendues et irréversibles. Mercredi, la sœur du randonneur annonce son décès sous le post Facebook de disparition : « Ses fonctions vitales ont lâché les unes après les autres, jusqu’à la mort cérébrale », écrit-elle dans « un dernier commentaire » pour tenir informés les internautes qui avaient apporté leur soutien.
Elle précise que sa famille, qui a pu être présente pour les derniers instants de la victime, a consenti au don d’organes : « Cela représente une fraction de l’empathie de [mon frère] et de son envie d’être utile pour les autres ». Sous la publication, les messages de condoléances se sont multipliés de la part de randonneurs qui avaient relayé l’appel à témoins deux jours plus tôt.
