L’annonce a été faite par la ministre des Armées: les fouilles archéologiques du premier cimetière de Harkis vont pouvoir reprendre. En 2024, des premières fouilles avaient été engagées, mais rapidement arrêtées car les tombes avaient été retrouvées vides. Une nouvelle étape, et un soulagement pour de nombreuses familles.
La nouvelle a été annoncée ce jeudi 18 juin 2026 lors d’une réunion en préfecture des Pyrénées-Orientales : les fouilles archéologiques du premier cimetière d’enfants Harkis du camp de Rivesaltes vont reprendre, sur le site de l’ancien camp Joffre. Un véritable soulagement pour les familles qui se battent depuis plusieurs dizaines d’années afin de permettre aux enfants et adultes décédés et enterrés dans le camp dans les années 60 de retrouver leur dignité.
Le combat est encore long pour les familles, mais c’est une avancée qui leur donne de l’espoir.
Il manque des corps.
Marie GougacheReprésentante d’un collectif de familles de descendants d’Harkis
Pour Marie Gougache, représentante d’un collectif de familles, ces fouilles sont indispensables : « Ce site c’est le site originel, celui où les ossements devaient se trouver, où les corps ont été enterrés dans les années 60. Mais en 2024 quand le travail archéologique de l’INRAP a commencé, nous n’avions trouvé que des tombes vides, pas d’ossements. Alors, les recherches n’avaient pas continué, mais si vous voulez mon avis on a fouillé seulement 10% du site, c’est tout, c’est certain qu’on trouvera de nouveaux ossements ».
En effet, un an plus tard, en 2025, les familles de descendants de harkis avaient découvert que les dépouilles avaient été secrètement déplacées en 1986 dans une fosse commune du cimetière communale Saint-Saturnin. L’anthropologue avait alors pu identifier 49 très jeunes enfants et 3 adultes.
Selon le rapport de l’INRAP, 9 fosses ont été en partie fouillées en 2024, seuls deux fragments osseux avaient alors été retrouvés. Selon les familles il manquerait « deux voire trois corps d’adultes ».
Alors, pour Marie Gougache la reprise des fouilles est un véritable soulagement, une étape important dans un deuil long. Un combat pour la mémoire de sa sœur : « Je ne pouvais pas imaginer que possiblement, les ossements de ma sœur soient encore sur le site originel, sans jamais être rapatriés. »
On va pouvoir leur donner une dignité. Intimement ce serait comme organiser les obsèques de ma petite soeur.
Marie GougacheReprésentante d’un collectif de familles de descendants d’Harkis
Pour les familles il est important de ne pas refaire les erreurs du passé. « Si en 1986, des actes de sauvagerie ont été réalisés, il faut aujourd’hui faire les choses correctement » témoigne émue, Marie Gougache. Pour rappel, de nombreuses familles avaient porté plainte à la fin de l’année 2025 pour violation de sépulture, atteinte à l’intégrité d’un cadavre ainsi que recel de cadavre.
Les fouilles devraient avoir lieu au début de l’année 2027. Le site pourra être ouvert aux familles qui le souhaitent. Un monument funéraire devrait également être construit.
