Un groupe de travail formé début 2025 par la gendarmerie a permis de démanteler une organisation de blanchiment d’argent. Treize individus ont été interpellés et placés en garde à vue le 9 juin 2026.
Un simple contrôle fiscal a mené à une saisie d’envergure, comprenant « près de 2,7 millions d’euros sur des comptes bancaires, de 14 véhicules haut de gamme, d’un bateau, d’or et de bijoux ». Une affaire impliquant des sociétés exerçant dans les secteurs de Perpignan, Narbonne et Béziers, selon les informations du parquet de Marseille.
Tout commence au printemps 2024, lorsque la direction spécialisée de contrôle fiscal de l’Occitanie mène un contrôle fiscal sur une entreprise située en périphérie de Narbonne. Les agents y découvrent « de fausses factures de prestation et de vente, des déclarations minorées de la TVA et de l’impôt sur les sociétés, et l’émission de fausses factures de prestations et de ventes ».
L’affaire remontait alors auprès du parquet de Narbonne qui ouvrait une enquête préliminaire en mars 2025 et saisissait la section de recherches de Montpellier. Des investigations permettent alors de rapprocher cette enquête d’une autre procédure de blanchiment d’argent initiée par la juridiction de Marseille. Les dossiers étaient fusionnés et un groupe de travail se formait, avec les groupements de gendarmerie de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Un travail qui a permis de mettre la main sur une organisation de blanchiment d’argent, structurée autour de « plusieurs sociétés du BTP au chiffre d’affaires conséquent et qui exerçaient principalement dans les secteurs de Perpignan, Narbonne et Béziers ».
Des taxis pour faire transiter de l’argent frauduleux
Les sociétés étaient par ailleurs connectées à sept sociétés dites « taxi », qui avaient pour vocation de faire transiter des fonds afin d’en masquer l’origine et la destination « par l’émission de fausses factures, de virements sans véritables prestations avant de redistribuer l’argent vers d’autres comptes ». Ces flux financiers provenaient « à la fois des revenus licites générés par l’activité du BTP et de fonds d’origine frauduleuse issus du trafic de stupéfiants, du travail dissimulé et du trafic de véhicules ». Les sommes ainsi blanchies étaient ensuite réinvesties dans l’acquisition de biens immobiliers et mobiliers ou transférées à l’étranger.
Le 9 juin dernier, la juridiction de Marseille a ordonné le déclenchement d’une opération de police judiciaire visant à démanteler ce réseau de blanchiment et treize individus ont été interpellés et placés en garde à vue. Ces derniers ont été déférés le 12 juin dernier, et cinq d’entre eux ont été mis en examen des chefs notamment de « blanchiment en bande organisée, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux ». Ils étaient placés sous contrôle judiciaire, et le parquet, qui avait sollicité le placement en détention provisoire, a interjeté appel pour deux d’entre eux.
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